‹ Histoire du peuple anglais (tome 1)Chapitre 109 sur 255 · LA GUERRE DES BARONS (I25K · texte numérisé non relu

LA GUERRE DES BARONS (I25K

les barons se virent obligés de remettre les forteresses entre les mains de leur souverain. Le coup était rude, et le Pape confirmait la sentence de Louis, en y ajoutant des menaces d’excommunication. Heureusement que le roi de France avait assuré au peuple anglais la jouissance des libertés octroyées avant les Provisions d’ Oxford , et b' comte Simon n’eut pas de peine à démontrer que le pouvoir arbitraire accordé au roi d’Angleterre par la Mise d’Amiens était aussi contraire à la Grande Charte qu’aux nouvelles réformes. Londres refusa dès l’abord d’obéir aux décisions du roi de France ; à l’appel de la grosse cloche de Saint-Paul, les citoyens se rassemblent, les armes à la main, s’emparent des fonctionnaires et pillent les parcs royaux. Mais à peine Henri 111 eut-il rassemblé une armée assez considérable pour tenir tête à Leiccster, que celui-ci se vit honteusement abandonné par tous les barons, les uns après les autres. Chaque jour apportait la nouvelle d’un nouveau désastre ; le Roi venait de recevoir des renforts d’Ecosse, le jeune Montfort avait été fait prisonnier dans une sortie, ou bien Nortliampton était tombé aux mains des troupes royales, ou bien encore le Roi mettait le siège devant Rocliester. Londres faillit être prise par un coup de main du prince Edouard, et ne dut son salut qu’à l’habileté et au talent stratégique du comte Simon.

Rien qu’entouré de trahisons, Leiccster restait fidèle à sa cause : ce Je veux lutter, dit-il, dussé-je rester seul à combattre avec mes fils à mes côtés. » 11 se met en marche à la tête de son armée et de quinze mille hommes de la milice de Londres, pour aller au secours des Cinq Ports menacés par Henri III ; en chemin, plusieurs nobles, restés j usqif alors attachés à sa personne, l’abandonnent. Il fait halte à Flexing en Sussex, à cinq milles (huit kilomètres) de Leives, où campait l’armée royale, et tente un accommodement, de concert avec le jeune comte de Glocester, offrant même une indemnité si le Roi voulait consentir à observer les Provisions (V Oxford.

Bataille de Lewes (14 mai 1264). — Henri ne lui répondit que par un défi; dès ce moment, le comte n’hésita plus à accepter la bataille, malgré l’infériorité numérique de ses troupes. Grâce à son talent stratégique, il sut se ménager l’avantage d’un terrain favorable. Profitant du crépuscule, il occupe les hauteurs de la ville et oblige l’armée royale à commencer l’attaque; ses hommes, avec la croix blanche sur la poitrine et sur le dos, s’agenouillent pour prier. Edouard, Je premier, commence l’attaque, et fait une charge si furieuse qu’il enfonce l’aile gauche de Leiccster, composée uniquement de bourgeois de Londres; fou de haine, il les poursuit pendant quatre milles, leur massacrant trois mille hommes. Quand il revint, il trouva la bataille perdue. Resserrés dans un étroit espace, avec la rivière dans le dos, le centre et l’aile gauche de l’armée royale furent bientôt écrasés par Simon de Montfort. Le comte de Cornouailles, alors

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