‹ Histoire du peuple anglais (tome 1)Chapitre 110 sur 255 · ADMINISTRATION DO COMTE DE LEICESTER · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION DO COMTE DE LEICESTER

roi de Romains, (fui, comme le dit une chanson satirique du temps, ^s’était fait un château fort d’un moulin, et en prenait les ailes pour des mangonneaux » , fut fait prisonnier. Henri tomba aussi aux mains du vainqueur. Edouard parvint à se frayer un chemin jusqu’au prieuré, mais fut contraint de se rendre comme son père.

Administration du comte de Leicester (14 mai 1264-4 août 1265). — La victoire de Lewes plaça le comte Simon à la tête du gouver neinent. « Maintenant l'Angleterre respire dans l’attente de la liberté » , dit un poète du temps ; « les Anglais étaient traités comme des

chiens, mais ils ont enfin relevé la tète, et leurs ennemis sont vain eus. » Le poète énonce avec la précision d’un juriste la théorie politique des patriotes. « Celui qui veut être un vrai roi doit se gouverner lui-même et bien administrer son royaume. Tout lui est permis dans R intérêt du pays, mais rien ne lui est permis contre le pays. 11 faut gouverner selon les lois, et non ruiner le royaume en résistant aux lois. » «Que la nation entière » , dit-il encore, « soit appelée à prendre part aux affaires, afin que l’on sache ce que pense la généralité du pays qui connaît mieux que personne sa propre législation. Ce sont ceux qui subissent les lois et en font l’épreuve quotidienne qui les connaissent le mieux De plus, comme il s’agit là de leurs propres intérêts, ils y mettront tom leurs soins et s’efforceront d’éviter toute espèce de conflit. C’est la communauté qui peut le mieux choisir les hommes à qui il faut couder les affaires du royaume. »

Jamais auparavant les règles constitutionnelles, en ce qui touche l’autorité royale, le droit de la nation de délibérer, de décider de ses propres affaires et de choisir ses administrateurs, n’avait été formulé avec autant de clarté et de précision. Ces principes étaient bien ceux de l’homme que la victoire avait mis à la tète du royaume ; on s’en aperçut bientôt. D'après le plan discuté en plein Parlement, immédiatement après la bataille de Lewes, le souverain pouvoir devait appartenir au Roi, mais il ne pouvait gouverner qu’avec l’aide d’un conseil nommé par les comtes de Glocester et de Leicester, et par un vrai patriote, l’évêque de Chicliester. En décembre 1264, un Parlement fut convoqué, et l’on s’aperçut de la faiblesse numérique du parti national dans l’aristocratie, en constatant qu’il n’y avait à la session que vingt-trois comtes et barons, contre cent vingt ecclésiastiques. C'est peut-être à cause de cela que Simon fit convoquer nonseulement les chevaliers des comtés, mais aussi deux citoyens de chaque bourg. Ces derniers assistaient depuis longtemps aux assises des comtés lorsqu’il s’agissait de débattre leurs intérêts ; mais c’est bien le comte Simon qui, le premier, invita le marchand et le négociant à s’asseoir à côté du chevalier du comté, du baron et de l’évêque, dans le Parlement du royaume. Ce fait coïncide avec le triomphe de l’esprit démocratique

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