I.A GUERRE DES BARONS
dans les villes sur la classe des riches bourgeois, et explique comment le comte Simon a pu avoir des idées tellement supérieures à celles de ses cou te mp orains .
Chute du comte Simon. — Peu d'années après la bataille de Leues, lorsque les bourgeois vinrent pour la première fois siéger à Westminster, le gouvernement du comte Simon était déjà profondément ébranlé. Montfort avait cependant fait face avec un plein succès aux dangers qui le menaçaient du dehors ; un grand rassemblement de troupes sur les falaises de Baril a ni fit échouer une invasion projetée de mercenaires flamands aux gages de la reine Eléonore ; la France se montrait hostile, Simon entra immédiatement en négociations et réussit à l’apaiser; il interdit au légat de passer la Manche, et fit jeter à la mer les bulles d’excommunication.
Mais les difficultés augmentaient chaque jour. L'emprisonnement de Henri et d’Édouard blessait profondément le sentiment loyaliste du peuple anglais et éloignait meme de Leicester les masses qui se mettent toujours du côté du plus faible. Des dissentiments qui avaient éclaté dans le camp des patriotes, peu après la victoire, avaient peu à peu dispersé le parti aristocratique libéral, sur lequel Montfort faisait peser lourdement son autorité, sous prétexte de veiller à la sûreté de l’Etat. Jean Giffard, par exemple, l'abandonna parce qu’il lui avait refusé la permission d’exiger d’un prisonnier une somme supérieure au taux fixé par la convention de Lewes ; Glocester, bien qu’enrichi des dépouilles des favoris étrangers^ nourrissait une haine mortelle contre celui qui lui avait interditdedonner un tournoi, qui s’était permis de nommer les gouverneurs des châteaux royaux, de son autorité privée, et qui avait placé des garnisons dans les forteresses des Marches du pays de Galles.
La conduite ultérieure de Glocester prouva la sagesse de ces précautions ; Glocester en effet entretenait une correspondance avec le parti royal, et se joignit à lui dès qu’Edouard put s’évader de sa prison. Le moment était très-défavorable pour Simon de Montfort qui s’avançait péniblement dans les provinces méridionales du pays de Galles pour attaquer les forteresses de son collègue rebelle. Édouard, longeant la Severn, s’empare de la ville de Glocester et détruit les vaisseaux sur lesquels le comte de Leicester espérait pouvoir s’échapper et se rendre à Bristol. Il lui coupe ainsi la retraite; puis, se dirigeant vers le sud, il fond sur le jeune Simon de Montfort, qui s’avançait pour aller au secours de son père, et taille son armée en pièces à Kenilvvorth. Pendant ce temps, le comte avait fait passer la Severn à ses troupes sur de simples bateaux, et se hâtait de rejoindre son fils.
Fatigué par une marche de nuit sur Evesharn, Simon fit ranger son année en bataille et chevaucha jusqu’au haut de la colline pour se rendre compte des forces ennemies. D’un coup d’œil, il reconnut, dans la belle