CHUTE DU COMTE SIMON
ordonnance des troupes royales, les fruits de ses leçons « Par le bras de saint Jacques » , s’écria-t-il, « ils sont bien rangés, mais c’est de moi qu’ils 1 ont appris. » Il avait compris que la lutte était sans espoir pour lui « Recommandons nos âmes à Dieu» , dit-il à ceux qui l’entouraient, «car nos corps sont aux ennemis. « Il était, en effet, impossible à une poignée de cavaliers et a une troupe de Gallois très-légèrement armés de résister à des soldats aussi disciplinés que les chevaliers de l’armée royale. Lecomte pria Hugues le Dépensier et ses amis de quitter le champ de bataille. « Si tu meurs », répondirent-ils noblement, « pourquoi vivrions-nous? » En deux heures tout était fini. Les Gallois s’enfuirent comme des moutons au premier choc, et furent impitoyablement massacrés dans les champs de ble et dans les jardins où ils avaient cherché refuge. Simon et les siens combattirent en désespérés. Le comte restait seul debout ; un coup de lance abattit son cheval, mais il refusa de se rendre. Frappé par derrière et blesse mortellement, il jeta ce seul cri : « Dieu soit béni! » et le grand patriote avait cessé de vivre. (4 août 1265.)