‹ Histoire du peuple anglais (tome 1)Chapitre 133 sur 255 · LA GUERRE DE L’INDÉPENDANCE ÉCOSSAISE · texte numérisé non relu

LA GUERRE DE L’INDÉPENDANCE ÉCOSSAISE

L’insurrection écossaise de 1307. — Reprenons les choses de plus haut et passons rapidement en revue les principaux événements de cette grande lutte entre l’Angleterre et l'Ecosse qui mit tout le Nord enfeu pendant la période que nous venons de traverser.

Ap rès la convention de Pertli (1305), l’Ecosse semblait à jamais conquise et pacifiée; Édouard 1er se préparait à convoquer un parlement anglo-écossais à Carliste, lorsqu’on apprit que le pays conquis venait de lever de nouveau l’étendard de la révolte sous la conduite de Robert Bruce, petit-fils de l’ancien prétendant au trône. La famille Bruce, normande d’origine, était une des plus puissantes maisons de l’aristocratie du Yorkshire et se trouvait, par suite d’alliances successives, en possession du comté de Carrick et de la seigneurie d’Annandale. Le premier Robert Bruce étaitpresque toujours resté fidèle, ainsi que son fils, au parti anglais pendant les révoltes de Balliol et de Wallace, et le jeune Robert, le futur héros de l’indépendance, avait même été élevé à la cour d’Angleterre et comblé des faveurs royales. Rapproché du trône par l’effacement subit des Balliol, Robert se vit obligé de fuir en Écosse, en voyant découverte une intrigue liée entre lui et l’évêque de Saint-André, et l’humeur jalouse du roi Edouard subitement éveillée. Il se rencontra dans l’église des Frères gris, à Dumfries, avec Comyn, lord de Badenoch, qu’il soupçonnait de l’avoir trahi; après une courte et violente altercation, Bruce, d’un coup de dague, abattit le traître à ses pieds.

Un pareil crime méritait un châtiment exemplaire. Robert le sentit;

1 Sources : Presque tous les chroniqueurs anglais et surtout les documents officiels du temps des trois Edouard. Le Bruce de John Barbour nous fait connaître les légendes populaires sur le héros écossais; mais pour donner une idée de son peu de valeur historique, il suffit de dire que l’auteur confond, bien qu’il soit né moins de quarante ans après les événements, le béros de son poème avec son grand-père, l’ancien prétendant au trône d’Ecosse. Le récit de M. Burton est, après tout, ce qu’on a écrit de mieux de nos jours sur cette époque.

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