‹ Histoire du peuple anglais (tome 1)Chapitre 144 sur 255 · LE BON PARLEMENT · texte numérisé non relu

LE BON PARLEMENT

Les deux Chambres. — Si nous laissons de côté les événements émouvants, mais stériles, de la guerre étrangère, pour examiner le domaine plus fructueux des progrès constitutionnels, nous serons frappés dès l’abord d’un changement notable qui s’est produit à cette époque dans la composition du Parlement. La division qui nous est si familière, en Chambre des lords et Chambre des communes, n’était pas entrée dans le plan primitif d’Édouard Ier. Au commencement, dans les parlements, chacun des quatre ordres : clergé, barons, chevaliers et bourgeois, se réunissait, délibérait et prenait ses décisions isolément. Mais cette séparation ne fut pas de longue durée; et, si le clergé continua à se tenir à part, les chevaliers de chaque comté furent bientôt amenés par la ressemblance de leurs positions sociales à se rapprocher des seigneurs. Ils semblent même avoir été admis à se mettre presque sur un pied d’égalité avec les barons, soit comme législateurs, soit comme conseillers de la couronne. Les bourgeois, de leur côté, se mêlaient fort peu aux délibérations parlementaires, à moins qu’il ne s’agît spécialement des taxes qu’on leur imposait. Mais leur rôle devint plus important quand les barons eurent besoin de leur aide dans la lutte de la noblesse contre la couronne, et le droit de prendre part aux discussions législatives leur fut hautement reconnu par le fameux décret d’Edouard IL Graduellement aussi, par suite de causes imparfaitement connues, les chevaliers des comtés, se dégageant des liens qui les unissaient aux barons, se rapprochèrent des représentants des villes et formèrent avec eux une alliance si étroite, qu’à l’avénement d’Édouard III, ces deux ordres ne formaient qu’un seul groupe, sous le nom de Communes .

1 Sources : Les mêmes que pour l’époque précédente, en y ajoutant lé récit d’un anonyme sur le Bon Parlement, qui a continué la chronique d’Adam de Murimuth. Cette continuation a été publiée dans le vingt-deuxième volume de 1 ’ Archœologia. Voyez aussi Stubbs, Constitutional History, ch. xvi et xvir, ainsi que les deux derniers chapitres de Hallam, Middle Ages. Sur le Prince Noir, le poëme français du héraut Chandos donne des renseignements nombreux.

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