LA MAISON DE LA NC A ST RE
La répression du lollardisme. — Placée sur le trône par une révolution parlementaire et appuyant ses droits sur la décision du Parlement, la maison de Lancastre ne pouvait pas prétendre à une autorité absolue et indépendante comme l’avait fait Richard II. A aucune époque de Phistoire d’Angleterre nous ne voyons le pouvoir des deux Chambres aussi franchement reconnu. Jusqu’à la fin de son règne, Henri IV se soumit humblement aux désirs du Parlement, et son impérieux successeur lui-même évita tout conflit avec un soin presque craintif. Pourtant ce n’était pas le respect des règles constitutionnelles, mais des motifs beaucoup moins nobles qui avaient uni le Roi et les hautes classes. Henri s’était assuré l’appui de la noblesse en s’engageant à abandonner la politique de paix et à reprendre la fatale guerre contre la France. Il obtint l’aide de l’Eglise en promettant de prêter les mains à la persécution des Lollards.
Cette terrible promesse fut promptement récompensée. Au premier synode tenu sous son règne, Henri IV se présenta comme le protecteur de l’Eglise et ordonna aux prélats de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire disparaître l’hérésie et les prédicateurs errants. Les entraves
1 Sources : Pour Henri IV, comme précédemment, les Annales Henrici quarti et Walsingham. Pour son successeur, les Gesta Henrici quinti , par un chapelain de l’armée royale, Titus Livius (publiés pour la Société historique anglaise , par M. B. Wiiliams) ; une Vie de Henri V, par Elmham, prieur de Lenton, qui est identique avec l’ouvrage précédent par la composition et les faits, mais qui est écrite avec une emphase ridicule; la biographie de Robert Redman et la chronique rimée par Elmham, publiées dans les Scriptores rerum Britannicarum sous le titre de Memorials of Henry the Fifth ; la Chronique d’Angleterre (j. en 1407) rédigée en anglais par John Capgrave, et le Liber de illustribus Henricis , compilation du même auteur qui va juqu’en 1446, et enfin les chroniques assez sèches de Hardying et d’Otterbourne. En français, l’ouvrage le plus important que nous ayons de cette époque est celui de Monstrelet. On peut étudier la campagne de Normandie dans la Bataille d' Azuicourt, le Siège de Rouen, de M. Puiseux (Caen, 1867). Lord Brougham a fait une esquisse vigoureuse de cette époque dans son Hislory of England under the house of Lancaster, qui, au point de vue constitutionnel, est une œuvre de valeur. Enfin l’on doit à M. Wylie le . premier volume d’une History of England under Henry IV.