PROGRÈS DE LA MERCIE
matie, niais Londres tomba entre ses mains. Les Saxons occidentaux qui avaient été dépouillés de leurs conquêtes le long de la Severn par Penda, furent chassés de l’autre côté de la Tamise par W/ulfhere, et toutes leurs possessions sur les bords de cette rivière furent annexées au royaume de Mercie.
Un des résultats de la conquête de Wulfliere se fait encore sentir de nos jours. L’ancien siège des Saxons occidentaux établi par Birinus, à Dorchester, qui était alors la cité royale, fut transporté dans la nouvelle capitale du royaume affaibli du Wessex, qui devint l’évêché de W inchester. La suprématie de la Mercie franchit bientôt la Tamise , car le roi du Sussex, qui redoutait le voisinage des Saxons occidentaux, reconnut la suzeraineté de Wulfliere, afin d’obtenir sa protection. Comme récompense, Wulfhere lui lit don de deux des établissements probablement conquis par les Merciens sur les Jutes, le long de la côte de Soulhampton, l’ile de Wight et le territoire des Meonwaras.
Progrès de la Mercie. — En même temps (pic scs armées remportaient des succès, la Mercie voyait aussi s’accroître sa prospérité à l’intérieur. Le christianisme avait fait d’immenses progrès, et l’influence du clergé était grande sur le peuple. C’étaient des colonies de moines qui s’occupaient de défricher et d’assainir les forêts de la côte occidentale ou les marais de Ja côte orientale. Le paganisme dominait encore cependant dans les forêts de l’ouest; lorsque l’évêque Ecgwine de H’orcester prêchait au milieu des mineurs, ils étouffaient sa voix en frappant leurs marteaux les uns contre les autres. Mais, malgré tout, la prédication d’Ecgivine ne fut pas perdue et laissa une trace durable parmi eux. L’évêque apprit qu’un porcher arrivant des profondeurs de la forêt dans une clairière ensoleillée avait vu les cc trois belles femmes » de l’ancienne mythologie germanique, assises .autour d’un buisson mystérieux et chantant leurs chants surnaturels. L’imagination de l’évêque transforma les ce belles femmes » en une apparition de la mère du Christ, et la clairière isolée devint l’emplacement d’une abbaye qui lui fut dédiée ; une ville y fut aussi élevée, sous son patronage, et reçut le nom d’Evesham. Elle fut illustrée plus tard par la mort du comte Simon de Lcicester.
Un pays marécageux, plus désolé et plus sauvage encore que les forêts de l’ouest, s’étendait sur la côte orientale du royaume, depuis les terres basses du Lincolnshire, désignées sous le nom de a Hollande », jusqu’à l’Ouse. C’était une plaine déserte où des îlots de joncs surgissaient au milieu des eaux stagnantes, enveloppés d’un sombre voile de brouillards; on n’y entendait pas d’autres bruits que les cris des oiseaux sauvages, seuls habitants de ces tristes lieux. Ce fut là que la libéralité du roi Wull- Jiere permit d’élever l’abbaye de Peterborougli.
Un jeune Mcrcien, de race royale, Guthlac, vint aussi dans les solitudes