LA TYRANNIE PROTESTANTE
tbèques étaient brûlées ou dispersées, le mouvement intellectuel du commencement du siècle n'était plus qu’un souvenir.
Edouard VI fonda pourtant dix-liuit écoles de grammaire ; mais cette utile création, qui honore sa mémoire, n’eut pas le temps de porter ses fruits sous son règne. Chaos politique et religieux où disparaît la discipline ecclésiastique et où la vie politique se borne au pillage de l’Etat et de l’Église par une horde de nobles, voilà à quoi paraissait réduite la société anglaise aux yeux des contemporains ! Les richesses arrachées aux corporations de métiers et aux fondations pieuses ou chanter les ne su Lisaient pas à satisfaire l’appétit insatiable des spoliateurs. Déjà la moitié des terres de chaque diocèse leur avait été livrée, le siège de Durham supprimé ; toute la dotation de l’Eglise se trouvait maintenant menacée de confiscation. Tandis que les courtisans se gorgeaient des dépouilles de leurs ennemis, le trésor se vidait rapidement. Le gouvernement était réduit à altérer les monnaies. Les amis de Warwick et de Somerset reçurent des terres de la Couronne pour une valeur de plus de cent millions de francs. Les dépenses de la cour avaient quadruplé en dixsept ans. L’Angleterre se serait infailliblement soulevée contre la tyrannie du protectorat, si le protectorat n’avait pas succombé par l’effet des querelles qui éclatèrent entre les spoliateurs eux-mêmes.