‹ Histoire du peuple anglais (tome 1)Chapitre 223 sur 255 · ÉLISABETH ET LE PARLEMENT · texte numérisé non relu

ÉLISABETH ET LE PARLEMENT

tanisme parmi les grands propriétaires fonciers, avaient donne une couleur de plus en plus protestante au Parlement; d’ailleurs, n’était-ce pas à un vote des Chambres que le souverain d’Angleterre devait cette suprématie qu’il gardait avec tant de jalousie de l’ingérence parlementaire? La Reine, cependant, dans celte affaire, était placée, comme chef religieux des deux factions qui divisaient ses sujets, sur un terrain plus solide que les Communes, entièrement composées de protestants. Elle usa hardiment de son avantage. Les motions des puritains en faveur de la réforme du Frayer F oo h lui furent livrées, sur son ordre, et supprimées (1572). Wentwortli fui, comme nous le savons déjà, envoyé à la Tour pour scs hardiesses de langage, et plus tard le président reçut défense expresse d’accepter des bills pour la réforme de l’Église et de l’Etat (1593). Malgré l’opposition de la Couronne et de la Chambre des lords, le mouvement réformiste continua, et l’on vit chaque nouveau Parlement agiter la question ecclésiastique.

Les Communes furent plus heureuses dans leurs attaques contre les privilèges royaux en matière commerciale. Lorsqu’elles se plaignirent pour la première fois des licences et monopoles qui ne faisaient qu’entraver le commerce intérieur et extérieur, la Reine les tança d’abord vertement, « disant qu’elles n'avaient pas à s’occuper de choses qui ne les regardaient pas et qui étaient au-dessus de la portée de leur intelligence » . Le sujet fut remis en question près de vingt ans après; les protestations de sir Edward Hoby contre les exactions de l’Echiquier reçurent un fort mauvais accueil de la Couronne; mais on renvoya le bill à la Chajnbre des lords. A la fin du règne d’Elisabeth, l’indignation populaire était devenue si menaçante que la Chambre basse résolut de livrer un combat décisif (1601). Malgré les efforls des ministres pour faire échouer le bi.ll contre les monopoles, après quatre jours de discussions très-animées, Elisabeth eut la sagesse de céder. Elle agit avec son habileté bien connue, et déclara « son ignorance de l’existence des abus incriminés, remercia le Parlement de son zèle », el, d’un seul trait de plume, annula tous les monopoles qu’elle avait accordés.

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