‹ Histoire du peuple anglais (tome 1)Chapitre 24 sur 255 · LA SUPRÉMATIE DE LA MEUGLE · texte numérisé non relu

LA SUPRÉMATIE DE LA MEUGLE

cil Angleterre une invasion que la centralisation du pouvoir aurait rendue difficile, il entra désormais dans la politique des Francs de soutenir contre la Mercie les royaumes plus faibles. Quand Eadberht de Nortliumbrie fut attaqué par Æthelbald de Mercie, le roi franc Pépin lui envoya des présents et lui offrit son alliance. Quand le fils de Pépin, Charlemagne, lui eut succédé, il écouta avec faveur l’appel que Je roi de Nortliumbrie lui fit transmettre par l'archevêque de Mayence, Lullus, un des compagnons de Bonifacc.

La cour de Charles devint un lieu de refuge pour les ennemis de la Mercie. Elle abrita d’abord Eardwulf, qui avait en vain disputé la couronne de Nortliumbrie à Æthelred, un des gendres d’Offa ; elle reçut encore Ecgbcrht, prétendant au trône du Wessex, dont il avait été chassé par le mari d’une seconde fille du roi de Mercie. Une révolte du Kent amena enfin une véritable collision entre Charles et Offa. Le Kent appela a son aide le roi des Francs, mais ses menaces n’excitèrent que le mépris d’Offa. L’armée des Merciens reconquit le Kent, et un complot, formé par l'archevêque de Canterbury, Jænberht, en vue d’introduire dans l’île des troupes franques, fut découvert et étouffe. Offa exila l'archevêque et punit son diocèse en fondant à Liclifield un archevêché rival. Une négociation faite en vue d’un mariage ajant échoué, l’animosité devint plus grande encore entre les deux souverains. Chacun d’eux défendit aux sujets de son adversaire l’accès des ports qu’il possédait sur le détroit. Une guerre eût éclaté .sans les efforts d’Alcuin, un savant de Nortliumbrie, qui avait su, par son intelligence, gagner la confiance et l’amitié de Charlemagne.

Chute de la Mercie. — Le bon sens du roi franc lui fit évidemment comprendre que le moment n’était pas venu d’exécuter ses projets contre la Bretagne. Offa était loin d’être un adversaire que Charlemagnefùt certain de vaincre aisément; ses frontières étaient sûres , son royaume prospérait après des années d’ordre et de paix, et ses armées avaient été victorieuses des Gallois et du Kent. Non-seulement Charles renonça à la lutte, mais il conclut avec son rival un traité fameux, en ce qu’il est le premier monument de la politique étrangère de l’Angleterre, par lequel il assurait protection aux bandes sans cesse grossissantes de marchands et pèlerins anglais se rendant a Rome.

Mais la mort d’Offa, en 795, lit renaître les contestations. Charlemagne favorisa de nouveau une révolte du Kent et répondit à l’appel de l’archevêque de Canterbury, qui réclamait son aide contre le prélat qu’Offa avait établi à Liclifield. Cenwulf, Je successeur d’Offa, déploya une vigueur et une modération dignes d’Offa lui-même. Il réprima sévèrement la révolte du Kent et apaisa l’archevêque de Canterburj en supprimant le siège rival du sien. Mais une nouvelle intervention de Charles eut des conséquences plus graves. A la mort de Brichtri, qu’Offa avait placé sur le trône de

C H U T E DE L A M ERCIE.

Wessex, Ecgberlit fut dépèclié par la cour de France et bien reçu par les Saxons occidentaux, qui le reconnurent comme roi. Peu d’années après, l’influence de Charlemagne amena aussi en Northumbrie la restauration d’Eardwulf, qui, comme Ecgberlit, s’était réfugié chez les Francs.

Ainsi, au nord comme au sud, l’œuvre d’Oiïa fut anéantie. Au dedans, la Mercic fut déchirée par une guerre civile qui éclata après la mort de Cenwulf . L’affaiblissement qui en résulta se manifesta quand le nouveau roi Beornwulf voulut recommencer l’ancienne lutte avec le Wessex. En 823, il pénétra dans le Wiltshire, et fut vaincu dans un combat sanglant, a Ellandun. Toute l’Angleterre au sud de la Tamise fut soumise à Ecgberlit de Wessex. L’Est-Anglie, qui obéissait à la Mercic, se révolta à son tour. Beornwulf et son successeur Ludeca tombèrent aux mains îles Anglais de l’est dans deux défaites successives. Wiglaf monta sur le trône, mais il y était à peine qu’il dut, malgré l’affaiblissement de son royaume, marcher contre les Saxons occidentaux.

Tandis que la Mercie luttait contre l’Est-Anglie révoltée, Ecgberlit avait terminé l’ancienne guerre du Wessex contre les Bretons de Cornouailles; il avait conquis et colonisé le Devon, et, grâce à scs efforts, les possessions anglaises s’étendirent désormais jusqu’au Tamar. La déchéance dans laquelle la Mercie était tombée à la suite de ses deux grandes défaites, lui permettait de tenter une conquête plus importante que toutes les autres. En 827, son armée s’avança sans lutter jusqu’au nord. Wiglaf s’enfuit désespéré, et la Mercie reconnut la suprématie du Wessex. Ecgberlit marcha ensuite sur la Northumbrie, qui, après un siècle d’anarchie et de guerres civiles, avait perdu toute vigueur ; sa noblesse vint au-devant du vainqueur jusqu’au Don et accepta sa domination. 11 se tourna alors vers l’ouest, et les Gallois, qui se ressentaient encore des rudes coups que leur avaient portés les Merciens, n’opposèrent pas de résistance aux armées unies des Merciens et des Saxons occidentaux.

Le rêve d’Eadwine et. d’Olfa semblait enfin réalisé; et, fort de sa toutepuissance qui s’étendait du Forth à la Manche, Ecgberlit jorit le titre de ^ roi des Anglais n .

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