‹ Histoire du peuple anglais (tome 1)Chapitre 3 sur 255 · LA BRETAGNE · texte numérisé non relu

LA BRETAGNE

conservait encore le souvenir de IVyrd, la déesse de la mort, d’où sortirent les Weirdy de la mythologie du Nord, les Walkyries, « femmes puissantes » , qu’un poëte ancien nous montre acharnées à la lutte sur le champ de bataille et lançant avec fracas leurs javelots retentissants. Le peuple préférait les divinités des monts et des forets ou les demi-dieux des légendes et des chansons, Nicor, l’esprit des.eaux qui donna naissance aux nixcs et au Vieux Kick, IVelcind qui forgea longtemps de puissants boucliers et des épées tranchantes dans sa forge du Berkshire, Ægil, le héros archer, dont la légende est celle de Cloudesly ou de Guillaume Tell.

Cette religion naturaliste n’avait guère, semble-t-il, besoin de prêtres. 11 y en avait cependant; mais à aucune époque leur influence n’a été grande sur la société anglaise. De même que chaque homme libre était son propre juge et son propre législateur, il exerçait dans sa demeure les fonctions de prêtre. La pratique principale du culte consistait dans les sacrifices offerts parle chef de la famille au dieu de son foyer.

La Bretagne. — Avant de commencer le récit des événements, il faut (pie nous quittions le Slcswig et les cotes de la mer du Nord, pour nous occuper du pays si cher aujourd’hui aux Anglais, mais qui, à cette époque, n’avait encore été visité par aucun homme de cette race.

L’ile de Bretagne avait étA, pendant près de quatre cents ans, une province de l’Empire romain. Eu 55 avant J. C., une descente de Jules César avait révélé son existence aux Romains, mais la conquête définitive de l’ile ne fut faite qu’un siècle plus tard, par l’empereur Claude.

Les victoires de Julius Agricola (78-84 après J. C.) portèrent les frontières du nouveau pays conquis jusqu’aux bouches du Forth et de la Clyde, et la civilisation romaine ne tarda pas à s’emparer de l’île que l’épée des Romains venait de soumettre. La population conquise fut réunie dans de grandes cités telles que York ou Lincoln, gouvernées par leurs propres officiers municipaux, ceintes d’épaisses murailles, et reliées entre elles par un magnifique réseau de routes qui sillonnaient le pays d’un bout à l’autre. Le commerce se développa dans des ports tels que celui de Londres ; l’agriculture devint si florissante que la Bretagne ne tarda pas a être une des contrées du monde les plus importantes pour l’exportation des céréales.

Les Romains ne négligèrent aucune des richesses de leur nouvelle province : les mines d'étain du Cornouailles, les mines de plomb du Sommerset, les mines de fer du Nortliumberland, la forêt de Dean, furent soigneusement exploitées.

Pendant plusieurs années de paix ininterrompue, la richesse de file ne cessa de croître ; mais les vices qui minaient peu à peu la force et la puissance de l’Empire ne tardèrent pas à l’atteindre. Là, comme en Gaule et en Italie, les propriétaires s’étaient enrichis et menaient une vie de plai-

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