‹ Histoire du peuple anglais (tome 1)Chapitre 4 sur 255 · ANGLAIS · texte numérisé non relu

ANGLAIS

sirs dans leurs splendides demeures, tandis qu’au tour d’eux, les cultivateurs, tombés dans la misère, mouraient de faim dans leurs pauvres cabanes. L’exploitation des mines était devenue une source sans fin d’oppressions ; les villes et les campagnes succombaient sous les impôts, et l’industrie, grâce au système corporatif, devenait le privilège héréditaire d’une caste de riches. De plus, le despotisme du gouvernement romain, en supprimant toute indépendance locale, porta atteinte à l’énergie et à la vigueur du peuple soumis. Lorsque les hommes oublient comment on gouverne son pays, ils oublient aussi comment on le défend.

Ces motifs de décadence étaient les mêmes pour toutes les provinces de l’Empire; mais, en Bretagne, par suite des circonstances, d’autres causes vinrent s’y ajouter. La méthode de civilisation employée par les Romains avait donné naissance à des divisions intérieures. Les Bretons des villes avaient seuls été entièrement romanisés; le peuple des campagnes, au contraire, avait conservé son individualité, continuant à parler sa langue natale et à obéir à ses propres chefs comme par le passé. II est à remarquer que, dans tous les pays conquis par les Romains, on peut mesurer à Remploi de la langue latine l’étendue des progrès de la civilisation romaine. En Gaule et en Espagne, le latin avait partout remplacé le langage primitif des peuples conquis, tandis qu’en Bretagne, le peuple des villes seul l’avait adopté. De la une désunion que manifesta bientôt le danger qui vint du nord menacer le pays.

Lors de l’invasion romaine, les Pietés, Bretons du Nord, habitants des Highlands, avaient été protégés contre les envahisseurs par leurs montagnes. Longtemps après, lorsqu’ils virent l’affaiblissement de la Bretagne, l’envie leur vint de l’attaquer à leur tour, et, séduits par l’appàt du pillage, ils pénétrèrent jusqu’au cœur de l’île. Mais une telle expédition ne pouvait réussir sans un secours venu de l’intérieur même du pays attaqué. D’après ce que nous savons sur cette époque obscure, la désunion qui séparait eu deux le peuple conquis alla en grandissant, et la fraction du peuple qui avait échappé à l’influence romaine s’unit aux Pietés. La lutte durait encore, lorsque les légions romaines qui occupaient la Bretagne furent soudain rappelées à Rome.

Des dangers plus rapprochés menaçaient l’Empire. Depuis l’ère chrétienne, les contrées voisines de la Méditerranée qui formaient alors le monde civilisé tout entier, avaient accepté le joug de Rome avec la plus grande soumission. Les frontières bien fortifiées de l’Empire avaient, pendant quatre cents ans, tenu eu respect toutes les peuplades barbares, les Partlies de l’Euphrate, les Numides des déserts africains, les Germains du Danube ou du Rhin. Mais plus tard, lorsque les forces de l’Empire furent à leur déclin, ces hordes barbares firent irruption de toutes parts.

A l’ouest, en particulier, l’invasion fut terrible. Les Francs conquirent et colonisèrent la Gaule, les Wisigollis s’emparèrent de l’Espagne, les Van-

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