‹ Histoire du peuple anglais (tome 1)Chapitre 31 sur 255 · LE RO Y A LME DES SAXONS OCCIDENTAL X · texte numérisé non relu

LE RO Y A LME DES SAXONS OCCIDENTAL X

La Mercie et les Danois (892). — Une nouvelle invasion des Danois conduits par leur chef Hasting atteignit principalement la Mercie, à la tête de laquelle le Roi avait placé un brave e'alderman. Après avoir lutté vainement pendant une année pour chasser Alfred de la forte position d’où il protégeait le Wessex, Hasting abandonna sa forteresse de l’Andredswald et traversa la Tamise, Mais l'énergie de l’ealderman Æthelred fut encore plus efficace que la patiente stratégie du Roi. Suivi des habitants de Londres, Æthelred dispersa le camp des Danois à Rcnfleet et les poursuivit le long de la Tamise, comme ils tentaient de gagner le pays de Galles pour y susciter de nouvelles révoltes; il les atteignit au bord de la Severn et les massacra dans un combat acharné. En se retirant de l’Essex, Hasting envahit le Wessex, mais Æthelred le chassa de Chester, où il s’était installé, et le poursuivit comme il accomplissait sa retraite vers le camp qu’il avait établi au bord de la Lea. A ce moment, Alfred, qui n’avait plus rien a redouter pour le W essex, vint au secours de son lieutenant. Grâce aux deux forts avec lcs-

1 Sources : Consulter principalement la Chronique anglo-saxonne, qui est trèsinégale pour cette période. Elle donne beaucoup de détails sur le règne d’Édouard et se trouve mêlée aune Chronique mcrcienne; mais elle devient ensuite assez pauvre et ne contient guère que des chants anglais jusqu’au règne d’Æthelred, ou reprend un récit plus complet. Florent de Worcester est probablement la traduction d’un exemplaire de la Chronique aujourd’hui perdu. C’est grâce aux « Lois d que nous connaissons la compilation de cette période. Elles se divisent en deux classes: celles d’Edouard, Æthelslan, d’Edmond et d’Edgar, comme les lois anciennes d’Æthelbert, et d’ini sont essentiellement des coutumes rédigées et corrigées. Celles d’Alfred, d’Æthelred, de Canut, et celles qui portent le nom d’Edouard le Confesseur, « ont la prétention d’étre des Codes». Elles sont toutes publiées dans les Ancient laits and institutes of the Anglo-Saxons, de Al. Thorpe; mais les extraits donnés par le professeur Stubbs : Documents illustrative of Englisk history , p. 59-74, contiennent tout ce qui concerne directement la constitution anglaise. Le Codex diplomaticus Aevi Saxonici, de Al. lvemble, renferme une grande quantité de chartes, etc., appartenant à cette époque. Les vies de Dunstan ont été réunies par le professeur Stubbs, dans un des volumes des Scrip tores rerum Britannicarum .

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58 LE ROYAUME DES SAXOXS OCCÏDEYTAUX (892-1016).

quels le Roi avait fermé l’entrée de la rivière, on put capturer les vaisseaux danois, et la guerre fut arrêtée pour un temps. Les Danois quittèrent le pays de Galles, où ils s’étaient réfugiés, pour regagner leurs anciens quartiers en France, et la nouvelle flotte anglaise chassa les pirates qui occupaient encore le détroit (895).

Mort d’Alfred (901). Æthelfled (913-918). — La mort d’Alfred et celle d’Æthelred suivirent de près ces exploits, mais la gloire de la Mercie demeura encore intacte entre les mains de sa «. Dame » , Æthelfled, la lillc d’Alfred. Elle profita de quelques années de paix pour se préparer à la conquête des « Cinq villes » (Five boroughs) formant la nouvelle confédération danoise qui avait remplacé l’ancien royaume de Mercie. Derby représentait la Mercie primitive sur le cours supérieur du Trent; Lincoln, les Lindiswaras ; Leicester, les Anglais du centre; Stamford, la province des Gyrwas ou habitants des marais des Feus, et Nottingliam était probablement le pays des Southumbriens. Le royaume de Penda était devenu entièrement danois. Chaque ville était gouvernée par un comte et possédait une armée; douze ce hommes de loi » étaient chargés de l’administration intérieure, et a la tête de toute la confédération se trouvait une seule cour de justice. Lorsque le moment fut venu pour Æthelfled d’attaquer cette puissante ligue, elle renonça à l’ancien système des batailles rangées et des invasions, et entreprit de bâtir des forts et d’assiéger les villes s’avançant le long du Trent; elle avait déjà fortifié Tamivorth et Stafford, près de sa source, quand elle fut appelée a la frontière du pays de Galles par un soulèvement dans le Gvvent. Son armée fondit sur lîrecknock ; le roi Owain n’avait pas plutôt cherché un refuge auprès des Danois en faveur desquels il s’était soulevé, qu’Ælhelfled attaquait Derby. Les exploits des Danois de l’Angleterre centrale faillirent arracher sa proie à la Dame de Mercie; mais elle s’empara enfin de Derby et se hâta alors de se tourner vers le sud pour obliger Leicester à se rendre.

Le Wessex et le Danelagh. — Édouard l’Ancien (901-925). — Æthelfled mourut dans tout l’éclat de ses triomphes, et Edouard réunit la Mercie et le Wessex sous son autorité. Ses exploits pâlirent quelque peu dans le rayonnement de la gloire de sa sœur, mais le fils d’Alfred fut un roi énergique et actif. 11 repoussa une dangereuse invasion des Normands de France, répondant sans doute au cri de détresse de leurs frères d’Angleterre; et au sud, il éleva des forts à Hertford et Witliam pour tenir en respect l’Est- Anglic. 11 entreprit ensuite de réduire systématiquement le Danelagh, ainsi qu’on appelait le district occupé par les Danois. Au sud de l’Angleterre du centre et des marais, s’étendait une région arrosée par l’Ouse et le Nen, ancienne résidence de 13. tribu des Anglais méridionaux, et sur laquelle

Bedford, Huntingdon et Northampton. La réduction de ces villes fut suivie par celle de l’Est-Anglie ; les Danois des marais se soumirent à Stamford, les Soutliambriens à Nottingham. Les troupes merciennes d’Édouard s’étaient déjà emparées de Manchester, et il s’apprêtait à achever ses conquêtes, quand le Nord tout entier se mit de lui-même à ses pieds. Nonseulement la Nortlmmbrie, mais les Scotts et les Bretons du Stratliclyde « le choisirent pour père et seigneur » . Cette soumission, comme celle des Gallois du Nord sous Alfred, avait été probablement provoquée par l'oppression des nobles et ne devait pas être durable : un an après la mort d’Édouard, le Nord était de nouveau soulevé.

Æthelstan (925-940). — Æthelstan, le petit-fils aux cheveux d’or d'Alfred, que le Roi avait ceint dans son enfance d'une épée à fourreau d’or et à ceinture ornée de pierres précieuses, réunit la Nortlmmbrie à son royaume. Puis, se tournant vers l’Ouest, il brisa la ligue que les Scots avaient formée avec les Gallois du Nord, et les força à payer un tribut annuel et à faire partie de ses armées et de ses conseils. Il réduisit de même les Gallois occidentaux et les chassa d’Exeter, où ils avaient vécu jusque-là en commun avec les Anglais. Pour punir le roi des Scots de sa révolte, Æthelstan fit ravager son royaume par une armée, tandis qu’une Hotte pillait la côte jusqu’à Caithness. Mais cette révolte n’était qu'une préparation à la formidable confédération dans laquelle entrèrent l'Ecosse, le Cumberland et les chefs bretons ou danois de l’Est et de l’Ouest, lorsque la llotte d’Anlaf apparut dans l’Humber. La victoire du Roi à Brunanburh, chantée dans un des plus beaux chants de guerre, semblait anéantir les espérances des Danois, mais l’œuvre de la conquête restait néanmoins toujours à refaire. A la mort d’Æthelstan, le Danelagh se révolta de nouveau.

Edmond (940-946). — En dépit des succès que son jeune fils Edmond remporta sur les « cinq villes » , le traité, négocié par les deux archevêques Oda et Wulfstan, rétablit les choses telles qu’elles étaient au temps d’Alfred. La route de Watling fut de nouveau la ligne de séparation entre le Wessex et les Danois.

Dunstan. — C’est sous la direction, non d’un guerrier ou d’un roi, mais d'un prêtre, que le royaume des Saxons occidentaux devait atteindre toute sa grandeur. Dunstan fut le premier de ces hommes d'Etat ecclésiastiques qui comptèrent parmi eux Lanfranc et Wolsey, et dont le dernier fut Laud. Après huit siècles de révolutions et de changements, la personnalité de Dunstan nous apparaît encore plus remarquable. Il naquit dans le petit hameau de Glastonbury, auprès de l'église d’Ini. Son père, Heorstan, était un homme riche, frère des évêques de Wells et de Winchester.

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