C> 2 LE ROYAUME DES SAXONS OCCIDENTAUX (892-101G
Edgar. — Dunstan primat (958-975), — Le Witenagemot de Mercie rappela Dunstan, auquel Edgar confia les sièges de Londres et de Winchester. Deux ans après la mort d’Edwig, lorsque les scandales de son gouvernement eurent pris fin, le Wessex se soumit au roi que le Nord avait déjà reconnu, et Dunstan, qui siégeait à Canterbury, eut entre les mains, comme ministre d’Edgar, le pouvoir ecclésiastique et civil du royaume. Jamais l’Angleterre n’avait été si forte et si tranquille. Nous avons déjà parlé de l’administration du Nord. Au dehors, le long des côtes, une Hotte réduisit à l’obéissance les Danois d’Irlande. La légende raconte que hait rois vassaux ramaient dans le bateau d’Edgar qui traversait la Dee.
La mort du roi Edmond (945) avait révélé le grand désordre moral qui régnait dans l’Etat. Unjourquele Roi était à table à Pucklecliurch, un bandit qu’il avait exilé, Leofa, vint s’asseoir à la table royale et menaça de l’épée l’échanson (fui lui ordonnait de se retirer. Edmond, s’élançant au secours du noble, saisit le bandit par les cheveux et le jeta à terre, mais Leofa eut le temps de poignarder le Roi avant qu’on eût pu l’en empêcher. La main ferme de Dunstan rétablit l’ordre et la justice, et il favorisa le commerce eu donnant des lois qui régularisaient le système monétaire et établissaient dans son royaume Limité des poids et mesures. Les pillards de la côte s’étant emparés d’un navire marchand venant d York, Tlianet fut pris et ravagé.
AI ais le ministre primat n’avait pas seulement pour but de rétablir la prospérité et un bon gouvernement. Le temps et la guerre contre les Danois avaient porté un coup fatal aux anciennes espérances d’Alfred. Scs efforts en vue de l’éducation de son peuple n’avaient pas été continués après sa mort: le clergé était retombé dans le désordre et dans l’ignorance ; pas un livre ni une traduction n’avaient été ajoutés aux ouvrages laissés par le Roi. Dunstan reprit son œuvre sinon avec la largeur d’idées du Roi, du moins avec l'esprit d’un grand administrateur. Il était depuis longtemps partisan du retour à des règles monastiques plus sévères, prêchées par les moines de l'abbaye de Cluny; il s'appliqua à introduire cette réforme dans les couvents anglais. Il trouva des auxiliaires énergiques en Oswald et Æthelwold, qu’il avait promus aux sièges d’York et de Winchester. Il rêva, une nuit, qu’il voyait un arbre d’une grande hauteur étendre son feuillage sur l’Angleterre; ses branches portaient un nombre infini de capuchons de moines, et le sommet était recouvert d’un capuchon plus grand encore que les autres. D’après l’explication deDunstan, l’arbre était l’Angleterre, et le grand capuchon représentait Æthelwold. Les trois prélats unirent leurs efforts : ils expulsèrent d’un grand nombre de cathédrales les chanoines séculiers et fondèrent quarante nouvelles abbayes. Les abbayes étaient des écoles en même temps que (les monastères. Dunstan lui-même avait été un maître célèbre lorsqu’il n’était encore qu’abbé. Æthelwold éleva l’école d’Abington au second rang après celle de Glastonbury. Abbon, le plus grand savant de la Gaule, vint de Fleury sur l’invitation du primat.