LES ROIS DANOIS
La domination étrangère. — A la suite du débarquement d’Hengest, de l’etablissement des conquérants et de leui‘ conversion au christianisme, on vit naître une littérature nationale, un commencement de civilisation et une sorte d’organisation politique : c’est dans les cinq cents ans qui suivirent cette conquête que la Bretagne devint l’Angleterre. Mais durant cette première période nous voyons échouer toutes les tentatives faites pour réunir en une seule nation les différentes tribus de conquérants. Les efforts de la Northumbrie pour étendre son pouvoir sur toute l’Angleterre avaient été annulés par la résistance de la Mercie ; ceux de la Mercie l’ avaient été à leur tour parla résistance du Wessex. Le Wessex lui-même, sous le commandement de rois puissants et de grands hommes d’Etat, n’eut pas plutôt réduit le pays à un semblant d’unité, que l’esprit d’indépendance s’était réveillé de nou-
1 Sources : Les collections des lois et des chartes royales nous sont encore d’un grand secours. La chronique anglo-saxonne a, pour cette période, une importance capitale; les divers manuscrits varient beaucoup, et peuvent, à quelques égards, être considérés comme des ouvrages différents. Florent de Worccster a probablement traduit un manuscrit aujourd’hui perdu et qui avait une grande valeur. La biographie contemporaine d’Edouard, publiée par Luard, Lives of Edward, dans les Scriptores rer. Brit., est, dit AI. Freeman, une autorité de premier ordre pour tout ce qui concerne le Roi et la famille Godwin. L’auteur n’est cependant pas, à proprement parler, un historien, mais un biographe et même parfois un panégyriste. Tous les récits modernes de ce règne ne comptent plus depuis l’apparition du livre de M. Freeman, Norman Conquest , t. II.