LES U O 1 S DANOIS
de Dunstan, et, remettant en vigueur la « loi d’Edgard , cette constitution qui reconnaissait, au point de vue politique, une existence propre au nord comme au sud, il n’admit aucune différence entre Jes vainqueurs et les vaincus, entre les Danois et les Anglais. En fondant quatre grands comtés, ceux de Mercie, de Nortliumberland, de Wessex et d’Est-Anglie, il leur reconnut une indépendance provinciale, mais il resserra en même temps les liens qui unissaient à la couronne les gouverneurs de ces grands territoires.
Vis-à-vis du sentiment national, son attitude fût plus noble encore. 11 chercha avant tout l’appui de l’Eglise, qui pourtant avait été le centre de la résistance nationale contre les Danois. Il rendit hommage à la cause pour laquelle Ælflieah était mort, en faisant transporter à Canterbury le corps de l’archevêque. Il chercha à expier les dévastations de son père en faisant de riches donations aux maisons religieuses. Il protégea les pèlerins anglais contre les châtelains pillards des Alpes, et les évêques anglais contre les exactions du Pape. Son affection pour les moines se montre dans un chant qu'il composa à lily un jour que, traversant en barque les marécages qui entouraient l’abbaye, il les entendit psalmodier : « Joyeusement chantaient les moines d’Elj quand le Roi passa en barque ; rame, batelier, conduis-moi près du bord et écoutons ces moines chanter. »
La lettre que Canut écrivit de Home à ses sujets anglais montre bien la grandeur de son caractère et la noble idée qu’il s’était fai te de la royauté. « J’ai fait vœu, écrit-il, de suivre en toutes choses le droit chemin, de gouverner équitablement et pieusement mes royaumes et mes sujets, et de faire loyalement justice à tous. Si jusqu’ici, par négligence ou par entrainement de jeunesse, j’ai outre-passé mes justes droits, je suis prêt avec l’aide de Dieu à reconnaître mes erreurs et à les effacer. Aucun officier royal 11c doit, par crainte du Roi ou par faveur pour personne, consentira l’injustice ni faire du tort au riche ou au pauvre, s’il attache quelque prix à mon amitié et à sou propre bien. 73 11 blâme surtout les exactions injustes : ^ Je ne veux pas qu’on amasse de l'argent pour moi par des moyens injustes. 33 Et il termine par ces mots : « Je me fais précéder par cette lettre, afin que tous les sujets de mon royaume puissent se réjouir de ma bonne administration; car, vous le savez vous-mêmes, je n’ai jamais épargné ni je n’épargnerai ma peine et mon temps pour tout ce qui est bon et utile à mon peuple, n
L’Angleterre pacifiée. — Le plus grand service que Canut rendit à ses sujets fut de leur assurer la paix. C’est avec lui que commence cette paix intérieure qui marqua la domination étrangère. Pendant deux cents ans, si l’on en excepte le terrible moment de la conquête par les Normands et la longue agitation sous Etienne, l’Angleterre, seule au milieu des Etats européens, jouit d’une paix réelle et durable. Ses rois allaient combattre