‹ Histoire du peuple anglais (tome 1)Chapitre 40 sur 255 · D É G A D E M G E DE LA ROYAUTÉ DA MOÏSE · texte numérisé non relu

D É G A D E M G E DE LA ROYAUTÉ DA MOÏSE

loin de ses côtes en Normandie, en France, et sous Canut, plus loin encore dans le nord. Pendant ce temps leur ferme gouvernement maintenait l’ordre dans l’intérieur du pays. Le calme qui règne en Angleterre pendant les fréquentes absences de Canut prouve peut-être que le pays était épuisé par la lutte contre les envahisseurs, mais aussi que l’autorité du Roi était acceptée sans mécontentement. La loi forestière si oppressive, faussement attribuée à Canut, est elle-même une preuve indirecte de la prospérité naissante du royaume.

Les lois forestières. — La plus grande partie du sol anglais était encore inculte. Un bon tiers du pays était probablement couvert de forêts, de fourrés et de broussailles; un autre tiers consistait en brandes et en marais. Dans l’ouest comme dans l’est, il y avait de vastes régions entièrement marécageuses; des terrains détrempés de plus de trente lieues séparaient l’Est-Anglie des comtés intérieurs, et certains sites, comme Glastonbury et Athelney, étaient à peu près inabordables. L’outarde planait au-dessus des landes, le castor hantait encore Beverlcy, l’ours sortait de son antre poursuivi par le chasseur, et près de Londres, dans les bois de Hampstead, on chassait le sanglier et le bœuf sauvage, tandis que dans le nord les loups venaient rôder autour des villages pour chercher leur proie. Mais la paix et l’industrie qu’elle encourage ne tardèrent pas à amener des améliorations : les lois forestières en font foi. Pour qu’on songeât a protéger le gibier, il fallait qu’il commençât à se retirer devant les envahissements de l’homme, il fallait que la hache du fermier se fit entendre dans la forêt et qu’on vit des villages s’élever sur les terrains défrichés.

La destruction des forêts ne diminuait pas seulement les chasses du Roi, elle diminuait son pouvoir. La législation primitive ne régissait que les parties cultivées du pays : le reste ne connaissait pas d’autre maître que le Roi, pas d’autre loi que sa volonté absolue; et c’est celte volonté qui, longtemps encore après la mort de Canut, était représentée par les lois forestières.

Décadence de la royauté danoise. — Sous le règne de Canut commence inconsciemment, entre le Roi et le peuple, une lutte acharnée que nous verrons se continuer pendant deux siècles. Canut avait eu pour but de gagner l’amour de son peuple, et certes la tradition témoigne qu’il y réussit admirablement. Mais avec lui linit le gouvernement danois.

A l’avénement de son (ils Harold au trône d’Angleterre, ce royaume avait été séparé de celui de Danemark. Son second fils, Hardicanut, les réunit de nouveau sous un même sceptre, mais l’amour qu’avait fait naître la justice de Canut se changea en haine sous le gouvernement arbitraire de ses successeurs. Leur sauvage cruauté paraissait d’autant plus révoltante après ce long intervalle de paix. « Jamais action plus sanguinaire ne

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