L A BRETAGNE E T LES ANGLAIS
claies fondèrent un royaume en Afrique, les Burgondes occupèrent le pays qui s'étend entre le Rhône et l’Italie, et l’Italie elle-même fut enfin occupée par les Ostrogotlis.
La Bretagne et les Anglais. — Ce fut pour défendre l’Italie contre les Gotlis que Rome, en 407, rappela les légions de Bretagne. Le gouvernement impérial comptait renvoyer les armées dans l’île, une fois le danger passé, mais ce dessein ne put s’exécuter.
Les Bretons, ainsi abandonnés à leurs propres ressources, luttèrent vaillamment contre les Pietés envahisseurs et réussirent même à les refouler jusque dans leurs montagnes. Mais tout danger n’était pas passé ; de nouvelles menaces de guerre les trouvèrent plus divisés que jamais, et, par conséquent, mal préparés à repousser d’autres invasions. Les Pietés, au contraire, avaient considérablement accru leurs forces en s’alliant avec les Scots, maraudeurs irlandais, dont les bateaux harcelaient sans cesse les côtes occidentales de l’île, et avec un peuple de pirates plus dangereux encore, qui, depuis longtemps déjà, exerçaient leurs pillages dans la Manche.
C’étaient les Anglais.
Nous ne savons si ce fut l’exemple des autres tribus germaniques attaquant l’Empire de toutes parts ou simplement la stérilité et la pauvreté de leur pays qui les poussa à échanger leur vie paisible de fermiers et d’agriculteurs contre la vie aventureuse de la mer. Mais l’esprit audacieux de leur race se montra déjà dans l’impétuosité et la violence qu’ils déployèrent durant l’attaque, dans l’insouciance joyeuse avec laquelle ils saisirent indifféremment la' rame ou l’épée. « Ce sont des ennemis plus terribles « que tous les ennemis, chantait un poète romain de ce temps, et aussi e rusés que cruels; la mer est leur école de guerre, et la tempête leur a compagne; ce sont les loups de l’Océan vivant du pillage du monde. «
La Bretagne ne pouvait trouver en elle-même assez de force pour lutter contre les Pietés, les Scots et les Anglais réunis. Sa seule ressource était d’imiter la politique fatale qui avait perdu l’Empire : opposer des Barbares aux Barbares. Les chefs bretons résolurent de détacher les Anglais de la grande ligue qu’ils avaient formée avec les Pietés et les Scots, et de repousser avec leur aide les autres assaillants. En 449, une bande de guerriers anglais, séduits par de magnifiques promesses de terres et d’argent, quittèrent le Jutland, ayant à leur tête deux chefs, Hengest et Horsa.