‹ Histoire du peuple anglais (tome 1)Chapitre 42 sur 255 · LA REST AL R A T ION ANGLAISE · texte numérisé non relu

LA REST AL R A T ION ANGLAISE

Godwin. — A des époques de transition comme celle qui nous occupe* il faut pour dominer les autres beaucoup de sang-froid, de prudence, un égoïsme raisonné, une perception rapide de ce qui est possible. Toutes ces qualités se trouvaient réunies dans le politique habile que la mort de Canut laissa tout-puissant en Angleterre.

Godwin, le premier politique anglais qui ne fut ni roi ni prêtre, était d’une origine obscure. Son habileté lui gagna les faveurs du Roi, a qui il s’allia par son mariage et qui lui donna le comté de Wessex. Pendant les guerres de Scandinavie, où il commandait des troupes anglaises dans l’armée de Canut, il s’était fait remarquer par son courage et son adresse; mais son véritable champ d’action était à l’intérieur du pays. Rusé, éloquent, administrateur zélé, Godwin unissait à une activité prudente une habileté singulière à manier les hommes. Pendant les années troublées qui suivirent la mort de Canut, il fit de son mieux pour continuer la politique de son maître, en maintenant l’unité intérieure sous l’autorité danoise èt en conservant les rapports de l’Angleterre avec les pays du nord. Mais à la mort de Hardicanut, cette politique devint impossible ; et Godwin, abandonnant la cause danoise, suivit le courant général et s’unit au peuple pour appeler au trône Edouard, fils d’Æthelred.

Édouard le Confesseur (1042-1066). — É douard avait vécu depuis sa jeunesse en exil à la cour de Normandie. C’était le dernier roi de la vieille race anglaise, et il se forma plus tard une sorte d’auréole autour de son nom. Les légendes parlent de sa pieuse simplicité, de sa sereine douceur, de la pureté de ses mœurs; on le surnomma le « Confesseur ^ , et sa tombe à l’abbaye de Westminster fut vénérée comme celle d’un saint. Les chants populaires proclament les gloires de son règne et la longue paix dont il fit jouir le pays. Ils parlent des guerriers, des sages conseillers qui entouraient son trône, et de la soumission avec laquelle tous, Gallois, Ecossais et Bretons, lui obéissaient. Sa figure se détache lumineuse sur le

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