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tion de la justice. Il conserva, il est vrai, les cours locales des liundreds et des comtés où chaque homme libre venait siéger; mais il les soumit toutes à r autorité de la Cour royale qui, sous les règnes précédents, s’était arrogé le droit de prononcer les appels en dernier ressort et d’évoquer des causes de toutes les parties du royaume.
L’autorité de la couronne fut encore maintenue par la suppression des grands comtés qui la tenaient en échec, ceux de Wessex, de Mercie et de Northumberland, et par l’établissement des sliériffs royaux chargés du gouvernement des comtés. Les fiefs des hauts barons, si vastes qu’ils fussent, étaient disséminés dans le pays de telle sorte qu’une coalition entre les seigneurs ou rattachement héréditaire d’un grand nombre de vassaux à un seul suzerain fut également impossible. Par un usage particulier à l’Angleterre, chaque arrière-vassal, tout en jurant fidélité à son seigneur devait aussi jurer fidélité directement à la couronne. 13e plus, les obligations féodales, les droits et les redevances étaient strictement exigés. Chaque vassal était obligé de siéger, s’il le fallait, jusqu’à trois fois par an dans la cour du Roi, et de payer un droit de succession ou de relief fort lourd sur son fief, de fournir un aide pécuniaire soit pour la rançon du Roi, soit pour la chevalerie du fils aîné du Roi, soit pour le mariage de sa fille aînée. Lorsqu’un seigneur encore mineur héritait, il était sous la tutelle de la couronne, et, jusqu’à sa majorité, tous les revenus (le ses biens appartenaient au Roi. Si un fief passait à une femme, le Roi avait le droit de disposer de sa main et généralement la vendait au plus offrant.
Presque chaque manoir était soumis à un impôt différent, avait ses redevances particulières. C’est pour en faire le recensement et s’en assurer, que Guillaume envoya dans tous les comtés des commissaires dont les enquêtes furent réunies dans le Doomesday book . Lu jury, choisi parmi les membres des liundras, déclarait sous serment la nature et la dimension de chaque terre, les noms, le nombre et la condition de scs habitants, sa valeur avant et après la conquête, la somme dont elle était redevable à la couronne.
L’Église normande. — La réorganisation de l’Église fut entre les mains de Guillaume un nouveau moyen de s’opposer à l’esprit agressif des nobles. Un de ses premiers actes fut de faire venir Lanfranc de Normandie pour l’aider dans ses réformes. La déposition de Stigand que Lanfranc remplaça à Canterbury fut suivie du changement de presque tous les prélats et abbés anglais dont les places furent données à des prêtres normands.
Les synodes présidés par le nouvel archevêque contribuèrent à rétablir la discipline dans l’Eglise, et l’on voit chez Guillaume un réel désir de perfectionner l’organisation religieuse de son royaume. « En choisissant des abbés et des évêques » , dit un contemporain, a il considérait moins leur richesse et leur pouvoir que leur sagesse et leur sainteté. A chaque vacance