‹ Histoire du peuple anglais (tome 1)Chapitre 69 sur 255 · L’AN GLETEU11E ET L'ANJOU · texte numérisé non relu

L’AN GLETEU11E ET L'ANJOU

à la dure, à supporter la faim et la peine, les chaleurs de l’été et les gelées de l’hiver, à ne rien craindre, hormis la mauvaise renommée « . Il vint en aide à Charles le Chauve dans sa lutte contre les Danois, et obtint ainsi dévastés domaines le long de la Loire. Son fils, Ingelger, chassa les Normands du nord de la Touraine et des provinces de l’Ouest qu’ils avaient livrées à la dévastation et aux flammes, et devint le premier comte d’Anjou. Le second, Foulques le Roux, s’attacha aux ducs de France, dont la puissance grandissait, et reçut d’eux en récompense la portion ouest de l’Anjou que traverse la Mayenne.

L’histoire de son fils contraste avec colle des autres membres de cette famille. Ce règne paisible se détache comme une idylle sur les sombres orages qui l’ont précédé et suivi*. Seul de sa race, Foulques le Bon n’entreprit aucune guerre. Son bonheur était de s’asseoir dans le chœur de l’église de Tours et de s’entendre appeler « le chanoine 75 . Un soir de la Saint- Martin, Foulques chantait à l’office sous des habits religieux, quand le roi Louis d’ Outre-mer entra dans l’Église. « 11 chante comme un prêtre » , dit en riant le Roi aux nobles qui l’entouraient et se moquaient du comtechanoine. Mais Foulques sut lui répondre. « Apprenez, mon seigneur, dit-il, qu’un roi ignorant est un àne couronné. » Le fait est que Foulques n’était pas un prêtre, mais bien un administrateur actif, maître chez lui, imposant la paix et rendant la justice jusqu’aux extrémités de ses domaines. 11 reçut le surnom de « Bon » , que 11c mérita aucun autre membre de sa famille.

Foulques le Noir (987-1039). — Son fils Geoffroy « Grise-Gonelle * , soldat courageux, mais chef peu capable, se laissa ébranler par des révoltes successives et finit par tomber sous le vasselage de ses puissants voisins, les comtes de Blois et de Champagne. Ce joug fut secoué par son successeur, Foulques Nerra, Foulques le Noir, le plus grand des comtes d’Anjou, le premier dans lequel nous trouvons le type de caractère que sa famille devait conserver à travers deux siècles avec une fatale constance.

Il n’avait aucune affection naturelle. Tout jeune encore, il fit brûler sa femme sur un bûcher, et la légende raconte qu’il l’obligea à marcher à la mort parée de ses plus beaux habits. Dans sa vieillesse, ce fut contre sen propre fils qu’il combattit avec le plus d’acharnement, et lorsqu’il l’eut vaincu, il le soumit à une humiliation que les rois réservaient à leurs plus mortels ennemis. « Tu es vaincu! tu es vaincu! » criait le vieillard hors de lui, tandis que Geoffroy, sellé et bridé comme une béte de somme, se traînait aux pieds de son père en implorant son pardon. Nous trouvons aussi dans Foulques cet esprit de basse superstition fondé uniquement sur la crainte et dénué de toute foi et de toute poésie, trait caractéristique des premiers Plantagenets, et qui étonne même dans ce siècle de barbarie. Ce voleur des biens de l'Eglise, qui répondait par le dédain aiu censures

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