‹ Histoire du peuple anglais (tome 1)Chapitre 72 sur 255 · L’A X G LE TE H RE ET L’ANJOU · texte numérisé non relu

L’A X G LE TE H RE ET L’ANJOU

avec ses vêtements blancs, parvint à passer inaperçue sur la rivière gelée. Elle se rendit à Abingdon, d’où elle retourna en Normandie au commencement de 1 147 .

En somme, cette guerre ne fut que pillage et que massacres. Les horreurs accomplies alors par la féodalité montrent de quelles abominations la domination normande avait longtemps préservé l’Angleterre. Les souffrances affreuses de ce pays sont peintes d’une manière saisissante par la chronique anglo-saxonne, qui se termine ainsi : « Ils pendaient les

hommes par les pieds et faisaient monter à eux une fumée infecte. Les uns étaient pendus par les pouces, d’autres par la tête, et on leur attachait aux pieds des objets enflammés. On leur mettait autour de la tête des cordes a nœuds qu’on serrait jusqu’à ce qu’elles entrassent dans le cerveau. Les prisonniers étaient jetés dans des cachots où rampaient des vipères, des serpents et des crapauds, et ainsi ils étaient tourmentés. D’autres encore étaient enfermés dans des coffres courts, étroits et peu profonds, garnis à l’intérieur de pierres en saillie, et leur corps, forcé dans cet espace trop petit, était écrasé, et leurs membres brisés. Dans plusieurs châteaux, il y avait un instrument horrible et odieux appelé rachentêye que deux ou trois hommes pouvaient à peine porter. C’était une poutre à laquelle était fixé un anneau tranchant en fer. Cet anneau était destiné à entourer le cou d’un homme, de sorte qu’il ne pouvait plus ni s’asseoir, ni se coucher, ni dormir, et qu’il supportait tout le poids du fer. Ils soumettaient des milliers d’hommes au supplice de la faim. «

Bataille de l’Étendard (1138). — Un rayon de gloire nationale vint pourtant éclairer cette sombre époque. Le roi David d’Ecosse, principal partisan de Mathilde, avait, à l’avénement d’Etienne, envoyé une armée au delà de la frontière pour soutenir les prétentions de sa parente. Les pillages et les cruautés des sauvages tribus du Galloway et des Highlands réveillèrent l’ardeur des comtes du Nord. Barons et hommes libres se réunirent à York autour de l’archevêque Thurstan et allèrent sur le champ de Northallerton attendre l’ennemi. Ils avaient placé au milieu de l’armée une charrette à quatre roues sur laquelle étaient fixés les étendards de Saint-Cuthbert de Durham, de Saint-Pierre d’York, de Saint-Jean de Beverley et de Saint- IVilfrid de Ripon. ce Moi qui ne porte pas d’armure, s’écria le chef des hommes du Galloway, j’irai aussi loin aujourd’hui que n’importe quel guerrier couvert d’une cotte de mailles. » Ses hommes s’élancèrent sur l’ennemi aux cris de « Albin! Albin! « et furent suivis par les Normands des Lowlands. Leur défaite néanmoins fut complète. Los hordes sauvages se ruèrent en vain contre les rangs serrés des Anglais qui entouraient leurs étendards, et toute l’armée mise en déroute alla se réfugier à Ca rlisle.

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