ÉPILOGUE
finances par l'abolition d'une foule d'impôts inutiles et oppressifs, et l'établissement de l'impôt sur le revenu ( income iax) ; O’Connell fut accusé et convaincu d'excitation à la sédition en Irlande; il eut beau obtenir sa liberté, en faisant appel à la Chambre des lords, son influence reçut alors un coup dont elle ne put se relever. On conclut avec la Chine un traité qui ouvrit quelques-uns de ses ports au commerce de toutes les nations, et le désastre de Caboul fut vengé dans l’Inde par une expédition sous les ordres du général Pollock, qui pénétra victorieusement jusqu’à cette capitale en 1842, et annexa la province de Scinde aux possessions anglaises. L’atteinte que la puissance anglaise avait reçue amena pourtant de nouvelles luttes avec les natifs, particulièrement avec les Sikhs, qui furent écrasés aux trois grandes batailles de Moodkee, Ferozeshali et Sobraon (1845-1846).
Le libre échange. — Heureux à l’étranger, le gouvernement conservateur rencontra des difficultés inattendues à l'intérieur. Depuis l'établissement des lois sur les céréales en 1815, il y avait une lutte constante entre ceux qui défendaient ces mesures et d’autres semblables pour protéger l’industrie nationale, et ceux qui les considéraient comme une charge pour le consommateur au bénéfice du producteur, et réclamaient une complète liberté de commerce avec le monde entier. En 1839, une Ligue contre la loi sur les céréales s’était formée pour défendre les vues des partisans du libre échange. C’est en grande partie les craintes des fermiers et des propriétaires fonciers qui les poussaient à donner un vigoureux appui à sir Robert Peel. Rien que ce ministre, en entrant aux affaires, se fût engagé à défendre les mesures protectionnistes, il se rendit compte peu à peu de leur inefficacité, et en 1846 les mauvaises récoltes de pommes de terre et de blé en Irlande et en Angleterre le décidèrent à présenter un bill pour le rappel des lois sur les céréales. Le bill passa aux deux Chambres, mais le mécontentement de son propre parti obligea Robert Peel à se retirer du cabinet; il fut remplacé par un ministère whig sous la présidence de lord John Russell, qui resta a # u pouvoir jusqu’en 1852. Son premier soin fut d'étendre le système du libre échange à toutes les branches du commerce anglais, et dès lors le principe de la Ligue qui voulait « qu’on achète le meilleur marché pour revendre aussi cher que possible » , est devenu la règle du système commercial anglais.
Ce fut là le seul événement important de cette période. Le bouleversement général des monarchies du continent, après la révolution de 1848, n’eut d’autre contre-coup, dans les îles Britanniques, qu’un faible soulèvement en Irlande, sous la conduite de Smith O’Brien, aisément réprimé par quelques policemen , et une démonstration chartiste à Londres, qui se produisit sans exciter le moindre trouble. Une nouvelle guerre contre les