‹ Histoire du peuple anglais (tome 2)Chapitre 22 sur 187 · L’ÉCOSSE ET LES STUART · texte numérisé non relu

L’ÉCOSSE ET LES STUART

dais. Il voulait donner une leçon àl’Angletcrre et à Charles I er en montrant qu’on pouvait faire d’un Parlement, cet épouvantail, un instrument de la volonté royale : son succès fut complet. Les deux tiers de la Chambre des communes irlandaise consistaient en députés de misérables villages, de bourgs pourris, entièrement à la discrétion de la Couronne; et les lords absents étaient obligés d’envoyer leurs mandataires au conseil irlandais pour recevoir les ordres du gouverneur. Ces précautions étaient d’ailleurs presque inutiles; les deux Chambres tremblaient devant leur redoutable maître, qui leur signifia « de voter sans murmurer ou plutôt sans conspirer en secret « ; elles se soumirent aussitôt, et, grâce à leur docilité, Wentworth put mettre en ligne une armée de cinq mille fantassins et cinq cents cavaliers. Si même les subsides eussent été refusés, le résultat aurait été le même, a Je veux arriver * , écrivait Strafford, « fut-ce au péril de ma tête, à rendre l’armée du Roi capable de subsister et de se pourvoir du nécessaire, sans l’aide des Irlandais. «

L’Écosse et les Stuart. — Tandis que Wentworth établissait ainsi le despotisme « à outrance 1 « sur l’un des côtés du canal Saint-Georges, un homme d’un esprit inférieur au sien, mais égal à lui en courage et en ténacité, s’ingéniait à établir l’autorité royale en Angleterre et en Ecosse. A la mort de Weston, Laud était devenu dans le conseil, en fait, sinon en titre, le premier ministre de la Couronne. Nous avons déjà vu avec quelle activité dévorante et audacieuse il essayait d’anéantir le puritanisme dans l’Eglise anglicane, et chassait les ministres puritains de toutes les chaires d’Angleterre; sa nouvelle position lui permit de fortifier l’autorité de la haute Commission ecclésiastique en y ajoutant les terreurs de la Chambre étoilée (1G35). Il voulait accomplir une œuvre à la fois politique et religieuse en unissant étroitement la cause du dogmatisme anglican à celle de l’absolutisme; et, tout en se servant du bras séculier pour écraser la liberté dans l’Eglise, il fit du pouvoir ecclésiastique une machine de guerre pour ruiner la liberté civile. Mais son omnipotence ne s’étendait pas au delà des frontières écossaises. Là se trouvait une Eglise, avec des évêques, il est vrai, mais sans rituel, modelée sur le système ecclésiastique et la doctrine de l’Eglise de Genève, et toute pénétrée de l’esprit calviniste. L’existence seule de cette congrégation dissidente était un encouragement pour les puritains anglais et menaçait l’Eglise anglicane d’être, dans un moment de crise, opprimée par le presbytérianisme.

Laud ne pouvait agir qu’indirectement en Ecosse, par Charles I er , qui, jaloux de ses prérogatives, ne permettait ni aux ministres ni au Parlement anglais de se mêler des affaires de son royaume du Nord ; mais le Roi était d’accord avec Laud dans sa politique écossaise. Il avait hérité de

1 On appelait son système le système de c Tliorough »

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