‹ Histoire du peuple anglais (tome 2)Chapitre 33 sur 187 · LE LONG PARLEMENT (IG · texte numérisé non relu

LE LONG PARLEMENT (IG

indépendants, non moins hostiles aux presbytériens qu’aux anglicans, mais qui s’unissaient pour le moment aux premiers et formaient un parti qui devait être connu plus tard sous le nom de la racine et Ici branche, à cause de son acharnement à poursuivre l’extirpation du haut clergé.

L’attitude de l’Ecosse dans cette grande lutte contre la tyrannie, l’avantage politique d’une union religieuse entre les deux royaumes, ainsi que le désir d’unir plus étroitement l’Eglise anglicane aux Eglises protestantes du continent, donnèrent une force nouvelle aux projets du parti presbytérien. Milton, qui, après la composition de son Ly ridas , avait passé un an à voyager en Europe, fut rappelé d’Italie par la nouvelle de l’ouverture du Parlement, et se jeta avec ardeur dans la mêlée religieuse. Il considérait « comme une injustice que l’Eglise anglicane fut différente de toutes les Eglises réformées » . Cependant, malgré ce mouvement en faveur du presbytérianisme et la pétition de Londres, couverte de quinze mille signatures et rédigée dans le même esprit, le Comité de religion se déclara en faveur des réformes modérées proposées par Pym et Falkland. Un bill en faveur de l’exclusion des évêques de la Chambre des pairs fut voté par les Communes à la presque unanimité; rejeté par les lords, à la veille du départ du Roi pour l’Ecosse, il fut présenté de nouveau à son retour. Malgré les remontrances de la Chambre des communes, il trouva encore une violente opposition dans la Chambre haute.

Ces délais excitèrent la populace de Londres, qui s’amassa autour de Wliiteliall ; on arrêtait les carrosses des évêques se rendant à la Chambre, et les prélats étaient grossièrement insultés. Williams de Lincoln, blessé dans son orgueil, conseilla à dix évêques de ses collègues de déclarer qu’ils ne pouvaient assister aux séances de la Chambre, et que toutes résolutions prises en leur absence seraient comme nulles et non avenues. La Chambre haute répondit à cette protestation en faisant enfermer à la Tour tous ceux qui l’avaient signée.

Ces discordes contribuèrent puissamment à favoriser les projets du Roi ; aussi les courtisans disaient-ils ouvertement que les insultes dont les évêques avaient été l’objet prouvaient que le Parlement n’était pas libre, ci cherchaient-ils à provoquer de nouveaux désordres en réunissant des soldats et des officiers de fortune désireux d’être employés en Irlande, et en les lançant contre la foule rassemblée devant Whitehall. Le Parlement s’effrayait de ces querelles et de la formation de deux partis qui se donnaient réciproquement les sobriquets de Têtes rondes et de Cavaliers ; mais Charles I er persistait a ne pas lui donner de garde militaire. Il s’engagea, « sur son honneur de roi » , à défendre les députés contre toute violence, comme s’ils étaient ses propres enfants. A peine eut-il fait cette déclaration qu’un procureur parut à la barre de la Chambre des lords, et accusa Hampden, Pym, Ilolles, Strode et Haselrig de haute trahison, à cause de leur correspondance avec les Ecossais: Un héraut

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