‹ Histoire du peuple anglais (tome 2)Chapitre 34 sur 187 · I.ES PRÉPARATIFS DE LA GUERRE C I X r I L E · texte numérisé non relu

I.ES PRÉPARATIFS DE LA GUERRE C I X r I L E

d’armes se présentait en même temps devant les Communes, et demandait qu’on lui livrât les cinq accusés ; c’était une violation manifeste de la loi ; le Roi se constituait personnellement comme accusateur. Les accusés étaient privés du droit d’être jugés par leurs pairs, et ils se trouvaient cités à comparaître devant un tribunal qui n’avait en réalité aucune juridiction sur eux.

Les Communes promirent simplement de prendre cette demande en considération et redemandèrent une garde. « Je leur répondrai demain » , répliqua le Roi. Dès le lendemain, il ordonna à trois cents gentilshommes de le suivre, et‘, embrassant la Reine, il lui promit de revenir maître de son royaume. Au moment où Charles quittait son palais, il fut rejoint par une troupe de Cavaliers qui resta à Westminster Hall, tandis que lui, accompagné de son neveu l’Electeur palatin, entrait à la Chambre des communes. « Monsieur le président « , dit-il, « permettez-moi de m’asseoir un instant sur votre fauteuil. 75 11 s’arrêta un peu confus en voyant que la place de Pym était vide, car, à la nouvelle de son approche, la Chambre avait ordonné aux cinq membres de se retirer, a Messieurs « , commença-t-il d’une voix lente et saccadée, « je regrette d’avoir à venir auprès de vous dans de pareilles circonstances ; hier, je vous ai envoyé mon sergent d’armes pour une affaire de la plus haute importance, avec l’ordre d’arrêter quelques-uns d’entre vous accusés de haute trahison. Je m’attendais à être obéi, et non à recevoir un message. Les traîtres ne doivent pas être protégés » , continua-t-il, « et je viens savoir si aucune des personnes incriminées n’est ici présente. » O 11 ne lui répondit que par un silence de mort. « Il me les faut, par quelque moyen que ce soit » , répéta-t-il. Il s’arrêta de nouveau, personne ne répondit. Alors, élevant la voix : « M. Pym est-il ici? » Pas de réponse. Charles, se tournant vers le président, lui demanda où se trouvaient les cinq membres ; Lenthall tomba à genoux et répondit qu’il n’avait ni yeux ni langue à son service pour voir ou dire quoi que ce fût sans la permission de la Chambre. « C’est bien! c’est bien ! » s’écria Charles avec colère. « Peu importe; je pense que mes yeux en valent bien d’autres. « Il y eut encore un long silence, pendant qu’il parcourait du regard les rangs de l’assemblée. « Je vois que les oiseaux sont envolés, mais je m’attends à ce que vous me les renvoyiez. « Et il ajouta: « Sinon, je viendrai les chercher en

personne. « Puis il sortit, nous raconte un témoin oculaire,, en protestant de ses intentions pacifiques, a mais plus mécontent et plus irrité que lorsqu’il était entré » . (4 janv. 1642.)

Les préparatifs de la guerre civile. — C’était bien grâce à l’absence des cinq députés et à l’attitude calme et digne de la Chambre que cet essai de coup d’Etat du Roi avait échoué sans la moindre effusion de sang, ce On était convaincu » , rapporte Wliitelock, présent à cette séance,

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