‹ Histoire du peuple anglais (tome 2)Chapitre 35 sur 187 · LE LONG PARLEMENT (1G40-1G · texte numérisé non relu

LE LONG PARLEMENT (1G40-1G

« que si le Roi les avait trouvés et avait ordonné aux gardes de les saisir, les membres des Communes auraient tenté de défendre leurs collègues, ce qui aurait été déplorable et malheureux de toutes façons. » Certes, cinq cents gentilshommes, des premières familles d’Angleterre, n’auraient pu rester impassibles, en voyant les sbires de Whitehall mettre la main sur leurs chefs, et cela en plein Parlement.

Mais Charles était aveuglé sur le danger de sa nouvelle position. Les cinq membres avaient trouvé refuge dans la cité, et c’est là que le Roi demanda le lendemain aux aldermen de Guildhall qu’on lui livrât les coupables. A son retour, il n’entendit sur son passage que les cris de : a Privilège ! privilège ! » Les shériffs eux-mêmes ne firent aucune attention au décret qui ordonnait l’arrestation des cinq; et l’on répondit à une proclamation publiée quatre jours plus tard, et qui les déclarait traîtres à la patrie, en les portant en triomphe jusqu’à Saint-Etienne. Les milices municipales de Londres et de Southwark étaient sur pied, et les bateliers de la Tamise, « qui avaient juré de proléger le Parlement, le royaume et le Roi r) , escortèrent les cinq députés qui se rendaient à Westminster le long de la rivière. Les Cavaliers, épouvantés, s’enfuirent de Whitehall, où Charles resta complètement abandonné; car cette insulte faite au Parlement l’avait séparé momentanément de ses nouveaux amis et de ses ministres Falkland et Colepepper, choisis parmi eux.

Malgré son isolement, Charles I er était bien résolu à la guerre. Le comte de Newcastle fut envoyé dans le Nord pour réunir. une armée dévouée à la cause royale ; et, dès que les cinq députés furent rentrés à la Chambre, Charles quitta Whitehall (10 janv.). Dans les deux camps, on se' préparait à la lutte; la reine Henriette-Marie s’était embarquée à Douvres, avec les joyaux de la couronne, pour acheter des munitions de guerre; les Cavaliers se ralliaient de nouveau autour du Roi, et la presse royaliste inondait le pays de proclamations rédigées par Hyde. De même, des processions de francs tenanciers du Kent et du Buckinghamshire traversaient Londres, se rendant à Westminster, pour promettre sous serment de vivre et mourir pour le Parlement. Pym fortifiait la Tour, et s’emparait des deux grands arsenaux de Hull et de Portsmouth. Les lords furent obligés de cesser leur opposition, en voyant avec quelle énergie la Chambre des communes prenait position. « Les Communes» , leur dit Pym, «. seront heureuses d’avoir votre aide et votre concours pour sauver le royaume ; mais si vous refusez de vous joindre à elles, elles rempliront leur devoir sans hésiter. Que le royaume soit sauvé ou non, il serait déplorable qu’on puisse dire plus tard, en écrivant l’histoire du Parlement actuel, que dans ces pressantes et dangereuses conjonctures, la Chambre des communes seule a tenté de sauver le royaume. » Ces paroles de Pym entraînèrent le vote du bill qui excluait les évêques de la Chambre des lords.

Le point le plus important, pour l’un et l’autre parti, était de s’assurer

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