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LE COVENANT

voyées à leur secours, sous les ordres de Wilmot, plus tard lord Rochester, elle revint sur ses pas et tailla en pièces le corps de Waller à Roundway Hill (juillet 1643). Le soulèvement du Cornouailles semblait avoir changé le cours des événements ; affermi dans sa position par ces premiers succès et par les secours que la reine Henriette-Marie lui amenait du Nord, Charles avait déjà faitses préparatifs pour aller de l’avant, lorsque le prince Rupert, s’étant hardiment aventuré du côté de Wycomhe, rencontra à Chalgrove un corps de cavalerie parlementaire, commandé par Hampden. L’escarmouche se termina à l’avantage des royalistes, et l’on vit Hampden quitter à cheval le lieu du combat, « avant la fin, ce qu’il ne faisait jamais, la tête pendante sur sa poitrine et les mains sur le cou du cheval » . Il était mortellement blessé, et sa mort sembla un présage fatal pour la cause qu’il défendait avec passion. Les désastres succédaient aux désastres, et Essex, déplus en plus désireux de la paix, se replia sur Uxbridge, tandis que la honteuse reddition de Bristol livrait au prince Rupert la seconde ville du royaume, et rendait Charles I ,r maître absolu des comtés de l’Ouest. Ces nouvelles, tombant coup sur coup, semblèrent au Parlement « un arrêt de mort » . Les lords ne parlaient que de propositions de paix; Londres elle-même était divisée, et « un grand nombre de femmes des principaux bourgeois » se présentèrent à la porte de la Chambre des communes, demandant la paix à grands cris. La fuite, au camp d’Oxford, de six d’entre les pairs restés à Westminster, prouvait que l’on commençait à désespérer du triomphe du Parlement.

Le Covenant. — Grâce à la fermeté d’àme des chefs du parti national, les chances de la guerre commencèrent pourtant à se retourner en leur faveur. Waller fut reçu, à son retour de Itoundway Hill, “ comme s’il ramenait le Roi prisonnier» . Une nouvelle armée fut placée sous le commandement de lord Manchester pour arrêter les progrès du comte de Newcastle. A l’ouest, il est vrai, les choses allaient de mal en pis. Le prince Maurice, continuant les succès de Rupert, assura à Chai le s, par la prise de Barnstaple et d’Exeter, la possession du Devonshire. Glocester seul interrompait les communications entre Bristol et le Nord ; aussi Charles marcha-t-il sur cette ville dans l’espoir qu’elle se rendrait en peu de temps (août 1643) ; mais la courageuse résistance de la garnison permit à Essex de venir à son secours ; elle en était réduite à un baril de poudre, lorsque l’approche du comte obligea Charles à lever le siège. L’armée puritaine revint précipitamment sur Londres, après un engagement indécis auprès de Newbury, dans lequel lord Falkland tomba en criant : « La paix! la paix! » et où les milices municipales de Londres culbutèrent la cavalerie de Rupert qui s’était précipitée sur leurs lignes hérissées de piques. En un pareil moment, une grande victoire pouvait seule sauver le Roi, car le jour même du retour triomphal d’Essex à Londres,

LA GUERRE CIVILE

les parlementaires s’associèrent au Covenant écossais (25 septembre 1643).

Pym s’était résigné à jeter l’épée de l’armée presbytérienne dans la balance encore vacillante, et sir Harry Vane avait été envoyé en toute hâte à Edimbourg, à l’heure la plus critique pour le Parlement, afin de discuter les conditions de l’alliance écossaise. On exigea tout d’abord 1’ « unité de religion » , en d’autres termes, l’adoption du système presbytérien par l’Eglise d'Angleterre. Les événements avaient marché si vite depuis les premières discussions à la Chambre des communes sur la réforme ecclésiastique, qu’il était urgent de se soumettre à cet arrangement. Tous les évêques sans exception et la masse du clergé, dont les tendances étaient favorables à l’épiscopat, avaient rejoint l’armée royale et se trouvaient dépossédés de leurs cures et bénéfices comme délinquants . Un nouveau système ecclésiastique était devenu absolument nécessaire, et, bien que Pym et les principaux hommes d’Etat de ce temps fussent des anglicans modérés, ils furent contraints par les progrès même du presbytérianisme et par les nécessités de la guerre d’adopter la discipline de l’Eglise d’Êcosse. L’Ecosse, de son coté, comprit que sa propre sécurité dépendait du triomphe du Parlement. D’ailleurs, les intrigues de Charles 1 er hâtèrent la conclusion des négociations, que sir Harry Vane avait conduites avec autant de prudence que de rapidité.

Tandis que le Parlement attendait du Nord son secours, le Roi n’avait cessé de négocier avec les rebelles irlandais. Le dernier massacre avait excité chez les Anglais une soif de vengeance inconnue jusque-là; mais pour Charles, les Irlandais étaient un précieux atout dans son jeu. Une trêve ayant été conclue avec eux, l’armée commandée par lord Ormond, qui les avait jusque-là tenus en échec, resta à la disposition du Roi pour l’aider dans sa guerre contre le Parlement ; Charles s’assura en même temps d’une troupe de catholiques irlandais qui devait débarquer dans l’Argyleshire pour soutenir un soulèvement des Highlanders, sous la conduite de Montrose, contre le gouvernement presbytérien d’Edimbourg. Aucun projet du Roi ne fut aussi fatal à sa cause. Dès que le plan eut été découvert, les officiers donnèrent leur démission les uns après les autres ; les lords qui s’étaient enfuis à Oxford retournèrent en toute hâte à Londres, et le mouvement royaliste qui s’était produit dans le Parlement se trouva arrêté. L’Ecosse, inquiète pour sa propre indépendance, se hâta de signer l’alliance, et la Chambre des communes réunie à Saint-Margaret’s Churcli jura « les mains levées » de l’observer fidèlement; elle s’engageait « à amener les diverses Eglises de Dieu dans les trois royaumes à s’unir aussi étroitement que possible en adoptant la même confession de foi, le même système ecclésiastique, le même culte et le même catéchisme » . a Nous jurons » , disaient-ils, « en notre nom et au nom de nos enfants, de vivre en frères unis par l’amour et par la foi, afin que le Seigneur se plaise à être au milieu de nous, d’extirper le papisme, l’épiscopat,

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