L A CHUTE D U P U R I T A X I S M E
fut promptement dissipée par la proclamation des officiers. Ils déclaraient et ne désirer en aucune manière s'emparer de l’autorité ni confier le pouvoir à l’armée, pas meme pour un jour» , et promettaient « de mettre à la tète du gouvernement des hommes d’une probité reconnue et d’un dévouement éprouvé » . C’est alors que fut créé le nouveau conseil d’ Etat, composé de huit officiers de haut rang et de quatre fonctionnaires civils, Cromwell en tète. On offrit un siège à Vane, qui le refusa.
Le premier devoir de ce conseil était de convoquer sans tarder une nouvelle Chambre et de lui remettre ses pouvoirs; mais le bill de réforme se trouvait annulé par suite de l’expulsion du Parlement Croupion; et le conseil d’Etat, bien que peu disposé à composer le nouveau Parlement d’après l’ancienne loi, reculait devant la responsabilité de changer lui-même le système électoral. C’est alors qu’on décida la réunion d’une Convention constituante. Cromwell raconta plus tard l’histoire de cette malheureuse assemblée avec une amusante franchise : « Voyez où m’ont conduit ma propre faiblesse et ma folie ! Et cependant j’ai agi en toute simplicité, je vous assure... 11 semblait alors que des hommes comme nous, vieux routiers de guerre et qui étions tous du même avis sur ce sujet... eh! sûrement, ces hommes-là pourront toucher juste ; ils pourront faire dans une occasion comme celle-ci tout ce qu’on peut désirer; nous le croyions; du moins, je le croyais... je n’en suis que plus coupable. » Parmi les cent cinquante-six hommes fidèles et craignant Dieu, purs de tout soupçon de cupidité, choisis par le conseil d’Etat et sur des listes présentées par les églises congrégationalistes, la plupart, comme Ashley Cooper, par exemple, étaient de bonne famille et grands propriétaires, et le reste appartenait à la bourgeoisie, telquele négociant en cuirs, Louez-Dieu lîarebones, qui devait plus tard donner son nom au Parlement dont il faisait partie. C’était à peu près la composition des anciens Parlements; mais les conditions mêmes dans lesquelles ils avaient été élus influèrent fatalement sur le caractère de cette assemblée. Cromwell lui-même, dans son discours d’ouverture (juillet 1653), s’écria dans un accès d’enthousiasme, avec cette rude éloquence qui lui était familière : « Montrez à la nation
que si des hommes craignant Dieu l’ont délivrée de la servitude sous la monarchie, des hommes pieux sauront bien aussi la gouverner dans la crainte de l’ Eternel.*. . Suivez votre vocation, car elle vient de Dieu! C’est une chose merveilleuse et à laquelle nous ne nous serions certes pas attendus. Y a-t-il jamais eu un gouvernement aussi pénétré de l’esprit de Dieu et aussi visiblement béni que le notre? »
La Convention se montra encore plus fanatique que lui, et cela dès les débuts de la session. La démission de Cromwell et du conseil d’Etat laissait dans scs mains l’autorité suprême; mais l’acte qui la convoquait stipulait expressément que l’autorité devait être transmise au bout de quinze mois à une autre assemblée, élue d’après la loi électorale qu’elle