‹ Histoire du peuple anglais (tome 2)Chapitre 69 sur 187 · LA SOCIÉTÉ ROYALE · texte numérisé non relu

LA SOCIÉTÉ ROYALE

Angleterre » . Les luttes de ce temps portaient les esprits vers les sciences naturelles. « S’ils avaient passé leur temps à discuter des questions théologiques » , nous dit l’évêque Sprat, le premier historien de la Société royale, « ils auraient été chercher leur agrément personnel précisément dans des débats qui avaient si odieusement agité l’Angleterre; rester éternellement à réfléchir aux affaires politiques et aux malheurs du pays eût été par trop mélancolique; il n’y avait que l’étude de la nature qui pût leur offrir un sujet d’agréable entretien, »

Les principaux personnages de ce groupe étaient les docteurs Wallis et Wilkins qui en passant à Oxford, dont les universités venaient d’être réorganisées par les inspecteurs puritains (1648),- divisèrent la petite Compagnie en deux Sociétés. Celle d’Oxford, la plus importante des deux, tenait ses réunions dans le logement du docteur Wilkins, devenu directeur de Wadham College, et comptait parmi ses membres l’éminent mathématicien docteur Ward , et le premier en date des économistes anglais, sir William Petty. a Laissant de côté la théologie et la politique, nous nous occupions surtout » , dit Wallis, « de discuter et d’étudier toutes sortes de questions philosophiques ou scientifiques, la physique, l’anatomie, la géométrie, l’astronomie, la navigation, la statique, le magnétisme, la chimie, la mécanique; nous cherchions à nous rendre compte de l’état de ces sciences en Angleterre et sur le continent. Nous causions de la circulation du sang, des valvules, des veines lactées, des vaisseaux lymphatiques, de l’hypothèse de Copernic, de la nature des comètes et des étoiles nouvelles, des satellites de Jupiter, de la forme ovale de Saturne, des taches du soleil et de sa rotation sur son axe, des inégalités et de la sélénographie de la lune, des différentes phases de Vénus et de Mercure, du perfectionnement des télescopes et du polissage de leurs verres, du poids de l’air, de la possibilité ou de l’impossibilité du vide et de la prétendue horreur qu’il inspire à la nature. Nous discutions les expériences de Torricelli sur le mercure, la chute des corps lourds, leur vitesse, et autres questions de même nature. »

La Société royale. — L’autre petit cercle de chercheurs, qui était resté à Londres, fut dispersé par les troubles du second Protectorat, puis reformé à la Restauration, grâce au retour à Londres des membres les plus éminents du groupe d’Oxford. La science devint subitement à la mode. Charles II était lui-même un assez bon chimiste et prenait un vif intérêt aux problèmes de navigation ; le duc de Buckingham laisait diversion à ses accès de poésie, de musique et dlvrognerie en s’enfermant pendant des semaines entières dans son laboratoire; des poètes comme Dcnham et Covvley , des courtisans comme sir Robert Murray et sir Kenelm Digby se joignirent à la Société scientifique à laquelle le Roi décerna le titre de Société royale, en témoignage d’intérêt et de sympathie (1662).

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