‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 10 sur 348 · Je lis yiV pour yiN ; parallélisme avec Tsul · texte numérisé non relu

Je lis yiV pour yiN ; parallélisme avec Tsul

[7-20 av. J.-C] LE ROYAUME DE JUDA SEUL. 7

En ce jour-là, il y aura un rejeton d'Isaï

Qui sera élevé comme un drapeau pour les peuples;

Les nations viendront lui rendre hommage,

Et sa résidence sera glorieuse.

Et en ce jour-là, lahvé étendra une seconde fois la main Pour rassembler les restes de son peuple D'Assur, de Mesraïm. de Patros, de Cousch, D'Élam, de Sennaar, de Hamalh et des îles de la mer.

Et il élèvera un signe de ralliement visible chez tous les peuples,

Pour rassembler les exilés d'Israël

Et recueillir les dispersés de Juda

Des quatre coins de la terre;

Et la jalousie d'ÉpIiraïm cessera,

Et les haineux de Juda disparaîtront.

Les deux familles d'Israël réunies battront les Philistins, les Édomites, les Moabites, les Ammonites, lahvé, renouvelant les miracles de Texode, rendra l'Euphrate guéable, pour que les restes de son peuple qui seront dispersés en Assur puissent revenir. Les justes du royaume idéal éclatent alors en un chant triomphal. La victoire sera le fruit de l'amélioration morale; car pour avoir l'appui de lahvé, il faut être pur. La vraie politique a pour base l'ordre moral. La nation qui observe l'ordre peut être éprouvée, non vaincue.

Jamais mieux qu'à ce moment ne se voit la pensée des piétistes d'Israël. L'État est une fonction de la religion; les ennemis ou les serviteurs

8 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [7-20 av. J.-C.J

lièdes de lahvé perdent la chose publique ; les gardiens de la chose publique ont donc pour premier devoir de veiller à ce que lahvé soit servi comme il entend l'être. Le vrai culte de lahvé, c'est la pureté du cœur et des actions, l'horreur pour les fétiches matériels, en bois ou en métal. Les serviteurs de lahvé sont des pauvres, des humbles. Les riches sont, en général, durs, impies, violents. Le premier devoir du souverain pieux est d'être juste envers ces pauvres de Dieu et de refréner vigoureusement l'exploitation des pauvres par les riches; les pauvres finiront par régner un jour.

Telle était, sans nuance différentielle bien sensible, la doctrine de tous les prophètes iahvéistes. Or, pendant les années qui suivirent la ruine du royaume d'Israël, le parti des prophètes fut toutpuissant en Judée. Le roi s'y livra sans réserve. Son caractère était porté vers la justice et la piété. Déjà l'ensemble des écritures hébraïques était considérable et pouvait servir de base à une éducation morale. Ézéchias y puisa beaucoup de ses qualités et son sérieux d'esprit. Il paraît avoir été plus jeune qu'Isaïe; la culture littéraire, qui distingue Isaïe et Michée, le pénétra encore plus profondément. Ce fut presque un lettré ' ; ce fut surtout un piétiste;

i. Prov., XXV, 1.

17'20 av. J.-C] LE ROYAUiME DE JUDA SEUL. 9

mais on était au début; les excès de zèle où glisse facilement le piétisme furent cette fois évités.

On est quelquefois porté à croire que l'ardeur avec laquelle Ézéchias se consacra à la vraie religion fut le résultat d'une conversion qui eut sa date, d'une puissante révulsion morale, qui l'attacha désormais irrévocablement aux idées qu'il tenait pour la vérité absolue ^ La proclamation officielle du judaïsme aurait ainsi fort ressemblé à celle du bouddhisme, amenée par la conversion du roi Asoka. La psychologie juive ne semble pas exiger un coup de cette sorte. Le langage d'Isaïe et de Michée, dans les premières années d'Ézéchias, ne diffère pas beaucoup de ce qu'il était sous Achaz ^ Le iahvéisme impliquait un levain théocratique qui ne pouvait que se développer. Le iahvéisme des prophètes de Juda est essentiellement une religion sociale; son but est la réforme de la société selon la justice. Le roi est la clef de voûte de l'édifice iahvéiste. Le roi est choisi, sacré par Dieu^ Il est le mesih (l'Oint) de Dieu. Son devoir est de faire régner Dieu et de se conduire par les conseils des

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