‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 12 sur 348 · POLITIQUE ET ADMINISTRATION · texte numérisé non relu

POLITIQUE ET ADMINISTRATION

De 721 à 711, à peu près, l'état de la Judée paraît avoir été assez prospère. Dans les premières années qui suivirent la prise de Samarie, la situation d'Ézéchias à l'égard de l'empire d'Assyrie fut celle d'un vassal. Une circonstance, cependant, vint rendre sa situation moins mauvaise qu'on ne devrait le supposer. Salmanasar mourut avant que la guerre contre Samarie fût terminée, et eut pour successeur un de ses officiers, Saryoukin ou Sargon. Le commencement d'une nouvelle dynastie est toujours un moment favorable à ceux que la dynastie précédente a tenus dans la sujétion.

Sargon fut un souverain trop puissant pour que le prudent Ézéchias songeât à se révolter contre lui. Les propositions réelles ou présumées de

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rÉgypte étaient cependant une perpétuelle tentation, ce qu'est maintenant, en France, l'alliance russe pour les esprits agités. Les conseillers politiques du roi y étaient favorables. De ce nombre était surtout un certain Sebna ou Sebent^, peutêtre un Sébennyte, certainement un étranger, un homme sans famille, qui arriva au titre de soken ou conseiller intime du roi, et était revêtu des fonctions de préfet du palais. Isaïe et les prophètes étaient contraires à l'alliance égyptienne, par suite de leur principe général que les moyens humains sont une injure à lahvé, et aussi par suite de la juste vue qu'ils avaient de la situation militaire du temps.

En 711, la tentation fut plus forte que jamais ^ Le tartan ou général des armées de Sargon traversa le pays de Juda pour aller conduire une expédition en Egypte et en Ethiopie. Le premier acte de la campagne fut le siège d'Asdod. Une ligue générale de l'Egypte et des pays palestiniens paraissait indiquée. Isaïe fit à cette politique la plus

1. Les deux formes i^^'2'^ et nj3U? viennent bien d'une forme n:3t!?, par la confusion de X et n, fréquente dans l'ancienne écriture, et la confusion de n et n, fréquente dans la nouvelle. Voir t. Il, p. 64, note 4.

2. Isaïe, ch. xx, emprunté à un livre où il était question d'Isaïe. Cf. Dillmann, Der Proph. Jesaia, p. 182-183.

[710 av. J.-C] LE ROYAUME DE JUDA SEUL. 13

vive opposition, et employa, pour la combattre, les énergiques moyens de démonstration par les yeux qui lui étaient habituels. Un jour, on le vit se promener dans la rue de Jérusalem, déchaussé, dans un état de nudité honteuse. Il déclarait que [ahvé lui avait ordonné de se montrer ainsi, pour que Ton vît l'état ignominieux * où le roi d'Assyrie ramènerait les prisonniers d'Egypte et d'Ethiopie.

La haine d'Isaïe contre celui qu'il appelle o: l'opprobre de la maison de son maître y> s'est exprimée, sous une forme moins bizarre, dans un morceau où les luttes intérieures de la cour d'Ézéchias éclatent visiblement^ Sebna, dont le père n'est jamais nommé et qui devait être de basse extraction, menait grand train, se faisait creuser, en vrai parvenu qu'il était, un tombeau dans le roc de la colline royale. Gela rendait furieux la coterie des piétistes. (c lahvé, disaient-ils, le précipitera du faîte de ses honneurs; ses chars ne lui serviront de rien. » L'intrigue pour remplacer Sebna était évidemment déjà toute prête. Le candidat du parti théocratique et anti-égyptien était Éliaqim fils de Hilqiah^ qui devait, selon l'usage de l'Orient,

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