‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 125 sur 348 · II Rois, xxiii · texte numérisé non relu

II Rois, xxiii

[622 av. J.-C] LE ROYAUME DE JUDA SEUL. 197

brez son nom, chantez à lahvé, etc., etc. ï), reviennent dans les deux séries, et le style de ces pièces, d'un rythme léger et d'une composition facile, est toujours le même. Le chant de tels morceaux, accompagné d'instruments, devait être plein de charme. Les cantiques de Sion étaient renomimés, et, à l'étranger, on demandait aux Israélites de les chanter, comme une curiosité de leur pays^

Cette savante façon d'enguirlander la vie dans un cycle de fêtes et de pratiques ayant un sens spirituel, dont le christianisme a réalisé le chef-d'œuvre au moyen âge, est bien, en effet, la création du judaïsme. Un pieux juif du temps de Josias était presque aussi heureux par sa religion qu'un chrétien du temps de saint Louis. Toutes les passes difficiles de la vie étaient enchantées ou désinfectées. On ne voit pas que le mariage juif fût accompagné de cérémonies religieuses. Les funérailles étaient une triste nécessité, comme tant d'autres, que l'on ne chercha pas à sanctifier. Mais la circoncision, qui ne fut à Torigine qu'une opération préalable au mariage, prit de bonne heure un sens mystique; elle signifia purification et consécration.

i. Ps. cxxxvii, 3. Notez canticum novum dans les psaumes de la captivité et du retour : Is., xlii, 10; Ps. xxxiii, 3; xl, 4; xcvi, 1 ; xcviii, 1 ; cxLiv, 9; cxlix, 1.

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On l'appliqua aux dispositions intérieures; on parla de circoncision de cœur*. On touchait aux sacrenients. Les conditions essentielles de ce qui a fait le charme de la vie juive et de la vie chrétienne étaient déjà posées.

Le jeûne surtout, qui avait ses racines dans la haute antiquité sémitique 2, prenait de grands développements. L'idée fondamentale du iahvéisme était que l'orgueil de l'homme est la plus grande injure à Dieu,etque, par contre-coup, l'humiliation de l'homme est agréable au Tout-Puissant. Le jeûne, si l'on y joignait un vêtement composé de lés de cette toile rude qu'on appelait saq^ grossièrement cousus ensemble, était tenu pour une façon très efficace d'apaiser lahvé, quand on supposait qu'il s'apprêtait à frapper l'orgueil humain. 11 n'est pas sûr que Josias ait institué de jeûne annuel à jourfixe^; mais on était à la veille de voir cet usage prendre une extension extraordinaire et s'attacher aux anniversaires des deuils nationaux. Il y avait, d'ailleurs, des deuils ou jeûnes extraordinaires, pour lesquels on convoquait exprès la population de Jérusalem et

1. Jér., IV, 4.; surtout ix, 24-25; Deut., x, IG; Lévit., xxvi, i\ ; Ézéch., xLiv, 7, 9.

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