‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 134 sur 348 · Deut., XXIV, 8. Voir ci-dessus, p. 63 et suiv · texte numérisé non relu

Deut., XXIV, 8. Voir ci-dessus, p. 63 et suiv

208 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [62-2 av. J.-C]

Parmi les inscriptions d'Asoka, qui sont ce que nous appellerions des affiches et qu'on s'attendrait à trouver partout les mêmes, il n'y en a pas deux qui soient identiques. L'ancienne Histoire sainte était ainsi presque inconnue. L'intention du parti piétiste étant de frapper un grand coup, son plan consista bien moins à tirer de l'oubli les parties législatives de l'ancien texte, qu'à composer un texte nouveau où les prescriptions anciennes fussent enchâssées d'une façon mieux accommodée aux idées du temps.

Le besoin d'un tel livre se faisait particulièrement sentir depuis que l'activité religieuse de l'entourage de Josias avait singulièrement perfectionné et complété la religion. On voulait un livre qui résumât tout ridéal législatifde l'école théocratique, la règle d'un État parfait selon lahvé. Naturellement, la révélation de ce code fut attribuée à Moïse, selon une idée qui remontait aux temps les plus anciens des traditions d'Israël. Mais la révélation du Sinaï (ou comme on disait alors, du Horeb*) était regar-

i. Le Horeb est étranger au jéhovisle et à l'élohiste. Les passages Exode, m, 1; xvu, 6; xxxiii, 6, paraissent venir de B. C'est dans la légende d'Élie (1 Rois, xix, 8) qu'on voit le Hoieb apparaître comme « montagne de Dieu d. A partir d'une certaine époque, le Iloreb supplanta la vieille gloire du Sinaï, et le deu-

dée comme un fait complet et achevée On supposa donc une seconde révélation plus compréhensive que la première, que lahvé aurait faite à Moïse au delà du Jourdain, dans la plaine d'ArbothMoab, avant le moment solennel de l'entrée dans la terre promise. Très peu de personnes étaient en mesure de soulever une objection capitale, qui eût été d'opposer le texte ancien au texte nouveau. La nouvelle révélation, d'ailleurs, n'excluait pas l'ancienne; elle était censée n'en être que la conclusion et le résumée Enfin l'intrigue pieuse d'où sortit le texte nouveau avait probablement pour complices toutes les personnes qui connaissaient les vieux livres et qui eussent pu provoquer à la comparaison. Sans parler de Jérémie, qui paraît avoir été l'âme de toute cette fraude, nous y voyons figurer en première ligne le chef des prêtres Helqiah, le sofer Safan fils d'Asaliah fils de Mesullam, deux grands personnages, Ahiqam fils d'un autre Safan,

tf-ronomiste adopta cette tradition. Le nom du Horeb dans le passage I Rois, viii, 9, est une correction deutéronomique. Les compositions plus modernes suivent le Deutéronome.

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