‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 144 sur 348 · PREMIKRE APPARITION DU SOCIALISME · texte numérisé non relu

PREMIKRE APPARITION DU SOCIALISME

Notre opinion arrêtée, h nous autres modernes, étant que le meilleur code religieux est la liberté, — puisque les croyances sont le domaine propre de la conscience de chacun, — ces vieilles législations religieuses de l'Orient se présentent à notre jugement dans des conditions très défavorables. Le côté civil et politique, le côté moral, social, religieux, y sont confondus. Or, à tort ou à raison, nous ne voulons pas que rÉtat s'occupe des questions morales, sociales, religieuses. La charité et le droit nous paraissent deux domaines distincts. Peut-être est-il bon, en effet, qu'ils soient maintenant séparés; mais il e^t sûrement utile qu'autrefois ils aient été réunis. La force fut l'unique reine de l'humanité primitive. Le faible n'eut d'avocats que bien tard.

[622 av. J.-C] LE PxOYAUiME DE JUDA SEUL. 227

Nous croyons que les plus anciens avocats de l'opprimé furent les prophètes d'Israël, et c'est pour cela que nous leur faisons une place si éminente dans l'histoire de la civilisation.

Le code né sous Josias, ce qu'on appelle le Deutéronome, est le premier code un peu étendu où l'on ait voulu établir pour le faible un système de garanties, aux dépens des riches et des forts. Sans doute, le Livre de l'Alliance, antérieur de deux cents ans au Deutéronome, présente déjà, à côté de prescriptions assez barbares, de singulières attentions de propreté, d'humanité, de pohtesse. L'auteur du Deutéronome abonde bien plus encore dans ce sens. On ne poussa jamais aussi loin l'amour des humbles, des délaissés. Nous l'avons vu, danstousles actes rehgieux, faire lapart du pauvre. Il aime le lévite, car le lévite est un pauvre. La veuve, l'orphelin, l'étranger isolé dans le pays, ne sont jamais négligés dans ses prescriptions ^

Sur le prêt à intérêt, le Deutéronome ne fait guère que reproduire le Livre de l'Alliance. L'usure est interdite absolument entre Israélites; elle est permise, encouragée même envers l'étranger \

i. Ch. XXIV, 17-18, passage pris du reste au Livre de l'Alliance, Ex., XXII, 20 et suiv.; xxiii, 9. 2. Deut., XV, 1 et suiv. Cf. xxiii, 20-2J.

228 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [622 av. J.-C]

L'usure, à vrai dire, n'aurait pas de place en une société israélite fidèle, puisque l'Israélite fidèle, spécialement protégé par lahvé, serait à l'abri du plus grand des malheurs, celui d'avoir besoin d'emprunter^

Il n'y aura plus de pauvre parmi vous; car lahvé vous bénira, si vous l'écoutez^ Vous prêterez à beaucoup de nations, sans avoir besoin d'emprunter vous-mêmes, et vous dominerez sur beaucoup de nations, et elles ne domineront point sur vous. S'il se trouve parmi vous un pauvre d'entre vos frères, dans l'une de vos villes ou l'un de vos villages, vous n'endurcirez point votre cœur, ni ne fermerez votre main pour votre pauvre frère, mais vous lui ouvrirez votre main, et vous lui prêterez de quoi pourvoir à ses besoins, autant qu'il lui faudra. Gardez-vous d'avoir dans le cœur une vilaine pensée, de vous dire : c La septième année approche, l'année de relâche », et de voir de mauvais œil votre pauvre frère et de ne lui rien donner, — de peur qu'il n'invoque lahvé contre vous et que vous ne vous chargiez d'un péché. Donnez-lui plutôt, et que votre cœur ne lui donne pas à regret; car, à cause de cela, lahvé, votre Dieu, vous bénira dans tous vos travaux et dans toutes vos entreprises. Car les pauvres ne manqueront jamais dans le pays^. C'est pourquoi je vous donne ce commandement : « Ouvrez vos mains pour vos pauvres et vos indigents dans votre pays. >

Le code de l'esclavage^ presque tout emprunté

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