Jér., XV
[606 av. J.-C] LE ROYAUME DE JUDA SEUL. 277
en dehors de l'État, était subversif de tout ordre public, et, quand Jérémie nous apprend que les faux prophètes combattaient les alarmistes*, nous sommes tentés de trouver que les rôles étaient renversés. Dès les premières années de Joïaqim, Jérémie annonçait la ruine de Jérusalem^ Sans doute, l'instrument du châtiment divin, à ses yeux, ne devait pas être l'Egypte. Le drapeau de la puissance chaldéenne n'était pas levé encore; mais Jérémie avait le sentiment que le torrent de la dévastation viendrait, comme tant d'autres fois, de l'Est et du Nord. Les images de la bataille de Megiddo se pressent dans son esprit ^ Il affirmait que l'avenir verrait pis encore. Il avait raison; mais qu'il est triste d'avoir raison contre les illusions de sa patrie !
Jérémie avait des émules, qui, n'étant pas protégés par les mêmes respects et les mêmes souvenirs, trouvaient l'autorité plus sévère, ou, si l'on veut, moins faible pour leurs excès. Jérusalem possédait une bande de ces hurleurs, qu'on ne peut comparer qu'aux journalistes radicaux de nos jours, et qui rendaient tout gouvernement impos-