Ch. XV
278 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [G06 av. J.-C.J
sible. Un certain Uriah fils de Semaïah, de Kiriatlarim^ vomissait contre la ville et contre le pays d'effroyables menaces. Le roi, ses capitaines et ses princes, tout le parti patriotique et militaire, fût outré de cet acharnement à décourager la nation dans un moment aussi critique. Il est toujours pénible pour de braves militaires d'entendre prêcher l'inutilité de leurs efforts. Le militaire a besoin d'espérance, et celui qui lui dit, même avec d'excellentes raisons : ce Votre défaite est certaine », est sûr de l'agacer. Les officiers et les princes résolurent de tuer Uriah. Celui-ci s'enfuit en Egypte. Joïaqim envoya pour le saisir Elnathan fils d'Akbor et plusieurs autres. Ceux-ci l'amenèrent au roi, qui le fit mourir par le glaive et ordonna que son corps fût jeté à la fosse commune.
L'entente, on le voit, était impossible entre des fanatiques qui aimaient mieux voir la patrie anéantie que moins sainte qu'ils ne la rêvaient, et des militaires, nullement impies, mais incapables de concevoir de grands raffinements en religion. La simplicité patriarcale, qui faisait le fond de l'esprit prophétique, ne permettait pas la formation d'une armée sérieuse. L'état patriarcal suppose que la