‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 180 sur 348 · Jér., XXVI, 20 et suiv · texte numérisé non relu

Jér., XXVI, 20 et suiv

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tribu n'a pas affaine à de grands empires. Les prophètes s'obstinaient à maintenir ces idées puériles dans un temps qui exigeait un État bien plus sérieusement organisé. La colère qu'ils excitaient chez les laïques sensés se comprend facilement. La condition de l'homme de guerre ne va pas sans une certaine crânerie extérieure; un militaire humble est une contradiction. La royauté, d'un autre côté, suppose un palais décoré avec quelque style, un peu de pompe et d'apparat. Le prophète, envisageant tout cela comme des crimes envers lahvé, était en réalité le destructeur de l'État, l'ennemi de la patrie; comme le démocrate extrême de nos jours, qui ne veut pas faire les dérogations au principe d'égalité nécessaires pour avoir une armée. Une société trop douce est faible; le monde n'est pas composé de parfaits ; il y a des abus nécessaires. Le bouddhisme, qui devait réaliser plus tard le programme moral des prophètes, a rendu les populations qui s'y sont livrées incapables de toute vie poHtique et nationale.

Au milieu de tant de contradictions, ne laissant que le choix de l'erreur, qui peut avoir la prétention d'être sans péché? Celui qui craint de se tromper, et ne traite personne d'aveugle; celui qui ne sait pas au juste quel est le but de l'humanité, et

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Taime tout de même, elle et son œuvre; celui qui cherche le vrai avec doute et qui dit à son adversaire : « Peut-être vois-tu mieux que moi y> ; celui, en un mot, qui laisse aux autres la pleine liberté qu'il prend pour lui. Celui-là peut dormir tranquille et attendre en paix le jugement du monde, s'il y en a un.

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