LES FLÉAUX DE DIEU
La quatrième année de Joïaqim (605) vit une révolution nouvelle, qui changea d'une façon durable la face de l'Orient. Un homme de guerre qui semble avoir été de premier ordre fit son apparition sur la scène du monde; ce fut Nabokodrassar ou, selon la forme reçue, Nabuchodonosor*, fils de Nabopolassar, qui allait, pendant près d'un demi-siècle, reproduire à Babylone les miracles de force que les Salmanasar et les Assourbanipal avaient réalisés à Ninive. Le fléau de Dieu était prêt. lahvé aime la guerre; les jours de bataille sont ses grands jours. Le dieu d'Israël n'a-t-il
1. Les textes hébreux ont tantôt NbuJidnasr ou Nbukdrasr, par variante phonétique, non graphique. La seconde forme est la meilleure.
^282 U I S T 0 m E DU 1> E U P L E D ' I S Pi A Ë L . [005 av. J .-C. l
pas toujours quelque différend à vider avec les peuples?
Empêché par les grandes luttes qu'il soutenait pour fonder son empire, Nabopolassar avait du supporter trois ans la domination de Néchao à Karkemis.En 606, le jeune Nabuchodonosor attaqua Farmée égyptienne et la défit complètement. Le sort de la Syrie dépendit cette fois-là, comme toujours, d'une seule bataille ^ La marche des débris de l'armée égyptienne vers le Sud fut une déroute continuel
La nouvelle de la bataille de Karkemis fit à Jérusalem la plus vive impression. Les iahvéistes en général, étaient plus favorables à l'Assyrie qu'à l'Egypte. Jérémie ne se posséda plus. Toujours à l'affût des nouvelles, selon l'usage des prophètes, il composa à ce sujet un sir imité des anciens^ et où il semble suivre les péripéties du combat. Ce qui se passe sur l'Euphrate, les cadavres amoncelés lui apparaissent comme un grand sacrifice*, en l'honneur de lahvé Sebaoth. Quelques jours après, Jérémie composa une nouvelle pièce, pour