II Rois, XXIV, 7. Comp. Jér., x\ir
"2. II Rois, XXIV, 6 ; le texte grec de II Chron., xxxvi, 8 (cf.
[598 av. J.-C] LE ROYAUME DE JUDA SEUL. 301
qui devait mettre fin à la rébellion de Joïaqim était probablement déjà en marche. Peut-être même, Joïaqim fut-il tué dans quelque combat d'avantpostes. Jérémie* lui avait prédit de son vivant que son cadavre serait jeté hors des portes de la ville et ne recevrait pas la sépulture. Mais Jérémie lui avait prédit aussi qu'il n'aurait pas de successeur, ce qui sûrement ne se vérifia pas^
Joïaqim n'avait que trente-six ans, quand il mourut (598). Son filslekoniah ou Koniah, âgé de dixhuit ans, fut proclamé après lui. L'usage, à cette époque, était que le roi, en montant sur le trône, changeât de nom. lekoniah se conforma à cet usage en renversant les deux éléments composants du nom qu'il avait porté jusque-là. Il s'appela Joïakin%ce qui signifie la même chose. Sa mère était Nehusta, fille d'Elnalhan de Jérusalem, personnage identique probablement à Elnathan fils d'Akbor, que
Thenius, p. 4.46.) Le récit actuel des Chroniques est conçu en vue de justifier Jérémie.
i. Jér., XXII, 19; xxxvi, 30. Voir ci-dessus, p. 273 et p. 293.
2. Jérémie lui-même reconnaît que Jéchonias occupa effectivement le trône de David, xiii, 13. L'éditeur de Jérémie, après la captivité, ne se soucia évidemment pas beaucoup de quelques prophéties non accomplies.
3. Jérémie l'appelle toujours lekoniah. L'habitude du prophète était de s'en tenir au premier nom. Ainsi il appelle Joachaz de son premier nom Sallum.
302 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [508 av. J.-C]
nous avons déjà vu plus d'une fois remplir les fonctions de ministre du roi^ dans sa lutte contre les prophètes. Nehusta joua le rôle d'une sultane validé % ayant les pouvoirs de régente^ Comme son père Elnathan, elle croyait à la nécessité de réfréner les intempérances des prophètes. Le jeune roi eut bientôt un harem assez nombreux *. Jérémie voua au malheureux prince et à sa mère une haine égale à celle qu'il avait eue contre Joïaqim.
Les événements se pressaient. Si l'armée chaldéenne n'était pas arrivée sur les confins de la Judée à la mort de Joïaqim, elle y apparut peu de jours après sa mort. C'étaient d'abord les généraux de Nabuchodonosor, avec des bandes de Chaldéens et d'Araméens^ Ils commencèrent par enlever les villes du midi de Juda, qui offraient moins de résistance®. Au fur et à mesure de la prise des villes, la transportation s'effectuait sur une grande échelle. Jérusalem était encombrée de