Voir surtout la belle suite d'images, ch. xxi
[595 av. J.-C] LE ROYAUME DE JUDA SEUL. 3-23
Ézéchiel plus qu'à aucun autre prophète, si l'on excepte peut-être le second Isaïe.
Les idées d'Ézéchiel sont à peu près celles de Jérémie. Nulle trace de philosophie rationnelle. Parfois un instinct qui ne manque pas de profondeur lui fait concevoir lahvé comme la force suprême, l'organisme central de l'univers; mais ce moteur central se mêle de la façon la plus particulière à ce qui se passe dans l'humanité. La Providence d'Ézéchiel est peut-être moins capricieuse, moins personnelle que celle des anciens prophètes ; lahvé a pourtant une politique très arrêtée, dont Israël est toujours le centre. Pour Ézéchiel, comme pour tous les prophètes, L^hvé est un Dieu jaloux de l'homme; toute supériorité lui e^t une insulte. Il humilie ce qui est haut, exalte ce qui est humble; il dessèche l'arbre vert et fait verdir l'arbre sec \ Ses voies quand il veut punir sont vraiment étranges. Il commande de mauvaises choses, pour se venger; il punit une nation en lui prescrivant des rites détestables, tels que le sacrifice des enfants. Voulant infliger à un peuple le plus cruel châtiment, qui est la perte do ses aînés, il l'amène à les tuer lui-même, en lui