Comparez deutéro-Isaïe, ch. liv
o. Jér., XXXI, 33-35. Il est possible que les disciples de Jérémie qui rédigèrent son livre pendant ia captivité, aient ici ajouté quelque chose à la pensée de leur maître; mais cela ne ferait qu'une différence de peu d'années. Voir ci-après, p. 436 et suiv., 454 et suiv.
340 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [595 av. J.-C]
prophéties, se fût borné à citer celles-ci*, il se fût épargné beaucoup de tours de vaine exégèse. Bien vite le christianisme oublia le programme que son fondateur empruntait aux prophètes, pour devenir une religion comme les autres, une religion à prêtres et à sacrifices, à pratiques et à superstitions. Mais le germe déposé dans la tradition religieuse par les inspirés d'Israël ne périra pas; nous tous qui cherchons un Dieu sans prêtres, une révélation sans prophètes, un pacte écrit dans le cœur, nous sommes, à beaucoup d'égards, les disciples de ces vieux égarés. Le culte était toujours le gros embarras des zélateurs religieux d'Israël. Poussés à leurs dernières conséquences, les raisonnements des hommes pieux de ce temps auraient dû amener la suppression des sacrifices. Les iahvéisles puritains déclarent hautement, comme plus tard les esséniens, que la louange {toda) et la prière sont le seul sacrifice agréable à Dieu ^ Et pourtant le temple, d'abord peu aimé des hommes pieux% était devenu, depuis un siècle, le centre du iahvéisme, aussi bien au point de
1. Comp. II Cor., m, 3 et suiv.; Hebr., viii, 8 et suiv. L'expression xatv:?) ôtaOï^xr) des premiers chrétiens se rattache au beau passage précité de Jérémie. Il semble que Jésus se servait de ce passage: Marc, xiv, 2i; Malth., xxvi, 28.