Ézéch., ch. XXI
348 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISllAËL. [590 av. J.-C.J
aboutit à Jérusalem, l'autre à Rabbath-Ammon. A la bifurcation des deux routes, se tient le roi de Babylone consultant le sort, pour savoir laquelle des deux roules il prendra. Jérusalem tombe au sort la première; puis viendra le tour de Rabbath- Ammon.
En 590, la révolte éclata. Nabuchodonosor était, à ce moment, au comble de sa puissance. Il put concentrer toute ses forces sur la Syrie. C'était un monde entier, des peuples, des nations que le conquérant traînait avec lui*. Le quartier général fut établi à Ribla, vers les sources de TOronte. De là on dut gagner la côte, probablement par le Wadi Brissa actuel-. Sidon paraît s'être rendue sans effort. Forte de sa position insulaire, Tyr résista. L'effort des assiégeants dut se borner à interdire aux Tyriens la communication avec la terre ferme et en particulier l'approvisionnement d'eau. Pendant que le blocus se continuait, Nabuchodonosor attaqua la Judée. Sédécias se renferma dans Jérusalem, abandonnant les villes de province aux ennemis. Le siège de Jérusalem
i. Jér., XXXIV, i.
2. Inscriptions de Wadi Brissa et du Nahr el-Kelb, toutes deux aux notables couloirs de la route. Voir ci-dessus, p. 288- 289, note.
[590 av. J.-C] LE ROYAUME DE JUDA SEUL. 349
commença. La ville, entourée de trois côtés de fortes pentes, n'était attaquable que par le Nord. Le camp des assiégeants se posa sur le plateau où sont maintenant les établissements russes ^ Puis les tours d'attaque et les lignes de circonvallation furent tracées selon les procédés lents mais immanquables de la poliorcétique assyrienne. Le siège de Samarie avait duré trois ans. Celui de Jérusalem dura deux ans. L'exaltation religieuse, durant ce temps, fut extrême. On vit se produire, au vf siècle, sous la pression de Nabuchodonosor les phénomènes qui devaient se produire, six cent soixante ans plus tard, sous l'attaque de Titus.
C'est une règle générale, en effet, que, dans les capitales assiégées, surtout si ces capitales ont un caractère religieux et humanitaire, comme Jérusalem et Paris, les factions s'exaspèrent et arrivent presque fatalement aux excès. Sédécias et ses officiers voulaient la guerre à outrance. Jérémie, assuré de la mauvaise issue du siège, voulait qu'on se rendît sur-le-champ aux Chaldéens. Selon la très juste expression des officiers^, « il débilitait les mains des gens de guerre restés dans la ville )). En réalité, le vieux prophète voyait juste. Mais il y a