‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 243 sur 348 · Jér., xxxviii · texte numérisé non relu

Jér., xxxviii

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Le dénouement, cependant, s'approchait d'heure en heure. Une brèche fut faite au mur du Nord. La ville ne pouvait plus se défendre. Une nuit, les gens de guerre, entraînant le roi avec eux, firent une sortie en masse par le chemin de la porte qui est entre les deux murs, en face du jardin royal, c'est-à-dire par la porte auprès de laquelle était la piscine du Siloh. Ils percèrent le blocus des Chaldéens, et enfilèrent, par la vallée, le chemin du désert. Mais les Chaldéens les poursuivirent et les atteignirent dans la plaine de Jéricho. La troupe se dispersa. On saisit le roi, et on le conduisit au quartier assyrien à Ribla . Là on lui fit son procès comme à un vassal rebelle; ses fils furent égorgés devant lui; Nabuchodonosor, de sa main, lui creva les yeux ^ ; on l'enchaîna de deux chaînes d'airain. En cet état, il fut conduit à Babylone (588) , où il resta jusqu'à sa mort dans une étroite prison 2.

Après la sortie de Sédécias, les Chaldéens entrèrent dans la ville. Ils attendirent les instructions de Ribla pour agir. Au bout de quatre semaines, Nebuzaradan, chef des gardes de Nabuchodonosor, arriva à Jérusalem, avec des ordres de destruction.

d. Notez ni?, confirmé par Botta, Monum. de Nin., pi. 118. Voir Thenius, p. 458.

2. II Rois, XXV, 7 ; Jér., xxxiv, 3 et suiv. ; xxxix, 7 ; lu, 11 -

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Il fit brûler le temple, le palais royal, toutes les maisons fortes et bien bâties. L'armée chaldéenne fut employée à démolir la muraille. Tous les métaux précieux du temple furent enlevés. L'airain était en quantité énorme; les colonnes et ce qui restait des grands ouvrages de Salomon furent taillés en morceaux, mis dans des sacs et emportés à Babylone*. Il ne resta donc que les gros murs qui servaient de support à Tornementation, et ceux-ci môme furent disjoints. C'est la raison de la pauvreté archéologique de Jérusalem. Tous les ouvrages délicats, les ornements de sculpture en bois et en métal, ont péri. Les grosses pierres dévalèrent au fond de la vallée de Cédron, alors bien plus escarpée qu'aujourd'hui ^

Nabuzaradan prononça la déportation de tout ce qu'il trouva dans la ville, même de ceux qui avaient passé aux Ghaldéens. Cela faisait huit cent trentedeux personnes 3, Il ne laissa qu'une partie des

i. Voir ci-dessus, p. 3H.

2. Josèphe, Awf., XV, XI, 5; Warren, Palestine exploration fund, Excav., pi. 2G.

3. Jér., LU, 29. La seule manière de lever les difficultés de ce passage est, selon moi, de lire n^iv::^ □'•nC? au lieu de n^MDV mcy, correction paléographiquement très admissible. Les deux dernières transportations ont lieu ainsi à un an de distance, et n'en font qu'une, la première d'Hiérosolymifes, la seconde de Judéens.

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gens de ia basse classe comme vignerons et cultivateurs ^ Les Assyriens avaient l'odieuse coutume, comme les Peaux-Rouges, de choisir les notables parmi les vaincus pour les scalper devant le roi^ Nabuzaradan choisit pour cela, dans le personnel du temple, Seraïah, le prêtre en chef, Sefaniah, prêtre en second, et les trois gardiens du seuil; parmi les fonctionnaires civils, un saris, qui était administrateur des hommes de guerre, cinq '^ de ceux qui avaient des charges à la cour et voyaient la face du roi, le sofer du sar-saba qui enrôlait le peuple, et soixante particuliers qui se trouvèrent dans la ville. On les prit, et on les conduisit à Ribla où était le roi. Là on les tortura devant le roi.

1. II Rois, XXV, 12, 22; Jérémie, XL, 7 et suiv. Pour les restrictions, voir ci-après, p. 438.

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