II Hois, xviii, i
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mutilant les saints gothiques, brisant les autels les plus vénérés. L'horreur de Timposture sacerdotale et du matérialisme religieux l'emportait sur le respect de la tradition. Héros de Tabstraction et du vrai absolu, le prophète juif est plus que patriote. Les mensonges dont le patriote se contente si facilement lui soulèvent le cœur. Une fable attribuant quelque vertu à un objet naturel lui paraît une diminution du pouvoir de lahvé. De plus en plus, la religion des prophètes de Jérusalem devient une religion humanitaire, et cesse d'être un culte en rapport avec une race ou un pays.
Ni Salomon, ni aucun de ses successeurs jusqu'au temps où nous sommes ne songea à faire du temple de Jérusalem la place exclusive des sacrifices. Les hauts-lieux des temps antiques continuèrent à être des endroits de culte. On y adorait lahvé, et souvent aussi les anciennes divinités topiques. Le pays était couvert de masséboth ou cippes sacrés et d'aséroth ou stèles phalliques, portant le signe d'Astarté ^. Ces objets choquaient les puritains, qui obtinrent d'Ézéchias leur suppression ^ Réclamèrent-ils aussi l'unité du lieu de culte, demande qui, à ce qu'il semble, eût été de nature
\ . II Rois, xviii, 4.
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à plaire à la royauté, toujours cenlralisatrice? Les prophètes judaïtes du \uf siècle sont pleins do désirs en ce sens. Leur idéal est lahvé adoié en Sion et uniquement en Sion\ 11 est probable qu'Isaïe sollicita plus d'une fois Ézéchias de supprimer les sacrifices extra-urbains 2. Mais, bien que le roi fût en parfaite intelligence avec le parti pieux, il ne se laissa jamais complètement mener par ce parti. Son attitude rappelle celle de saint Louis, si profondément religieux, et cependant gardant à l'égard du clergé une certaine indépendance. La suppression des sacrifices locaux aurait sûrement entraîné des vexations, des perturbations, comme il y en eut sous Josias. Or ce qui caractérisa le mouvement d'Ézéchias et d'Isaïe, en opposition avec celui de Josias et de Jérémie, c'est qu'il ne fut, au moins dans sa première période, accompagné d'aucune crise ni d'aucune mesure de rigueur.
2. Les passages Isaïe xxxvr, 7 et 11 Rois, xviii, i2-2, supposeraient que la réforme en question fut en eîlet opérée. Mais il y a là un malentendu, le message assyrien confondant les cultes idolàtriques qui se pratiquaient sur les hauts-lieux, qu'Ézéchias abolit (xvni, 4), et les sacrifices de lahvé qui se faisaient sur ces mômes hauts-lieux, et qui ne furent abolis que par Josias.
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Voilà un lait bien remarquable, et difficilement on en trouverait un autre pareil dans l'histoire religieuse. Plus d'une fois, sans doute, on conseilla au roi de sévir contre les endurcis * ; il n'est pas prouvé qu'il ait jamais cédé. Il se bornait à donner les fonctions de son entourage et toute l'importance qui dépendait de lui à des hommes pieux, qui lui étaient recommandés par Isaïe, comme fut Éliaqim fils de Hilqiah. Autant que nous savons, il ne persécuta personne. Même la ville de Jérusalem ne fut pas ramenée à un état de purification absolue. On y voyait des représentations idolâtriques ou du moins scandaleuses pour les ialivéistes austères-. Le roi ne se croyait pas le droit de supprimer ces représentations, contraires h ses sentiments personnels, mais que les mœurs toléraient.
La circoncision, de simple préparation au mariage qu'elle était à l'origine, devenait de plus en plus une règle religieuse à Jérusalem. C'était un des usages les plus anciens de la nation; mais la