‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 254 sur 348 · Ézéch., xvii · texte numérisé non relu

Ézéch., xvii

382 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [580 av. J.-C]

mais de nombreux aramaïsmes. Les noms propres, en particulier, s'imprégnèrent de racines araméennes*.

Au point de vue matériel, la situation des Juifs exilés n'était nullement celle d'esclaves; c'était celle de transportés ou d'internés, libres pour tout excepté pour le lieu de leur séjour. Les lois de l'empire chaldéen, quant à la condition des personnes, différaient peu de celles de l'empire ottoman. La situation des Juifs sur l'Euphrate devait ressembler beaucoup à celle des métualis de Syrie de nos jours. Les métualis sont des Persans ou des Curdes, que diverses aventures ont portés en Syrie, à l'époque des croisades. Ils ont perdu leur langue (la langue, en Orient, résiste toujours moins que la religion) ; mais ils conservent obstinément leurs sympathies persanes, leur culte schiite, et y montrent un attachement tout à fait invincible. Leur condition est non pas servile, mais subordonnée. Les terres qu'ils occupent font partie du miri; elles leur sont concédées d'une manière qui arrive, dans certains cas, à constituer une quasipropriété.

C'est bien ainsi qu'il faut concevoir l'état des Hébreux en Babylonie, sauf que, l'empire chaldéen n'ayant pour âme aucun fanatisme religieux, la si-

i.'?N3rî:;D, etc.

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tuation des Hébreux devait être moins gênée que celle des métualis, toujours exposés aux avanies des sunnites. Un grand nombre de Juifs prirent des états ou des positions, qui les conduisirent vite à Taisance^ Presque tous eurent des concessions de terres, qui leur permirent de se bâtir des maisons, de se planter des jardins. Leurs relations entre eux étaient fort libres, comme le sont celles des diverses communautés de raïas dans l'empire ottoman^ La grande majorité se trouvait bien d'un état de choses qui la mettait à l'abri des malheurs de la guerre; les piétistes seuls tenaient à Sion par le fond de leurs entrailles et ne rêvaient que le retour. Ils restaient pauvres et en voulaient à ceux qui devenaient riches presque toujours en servant les vices ou le luxe de leurs vainqueurs. Ceux-ci étaient à leurs yeux des espèces de transfuges, que punirait le parfait David qui devait gouverner un jour au nom de lahvé^

On se tromperait, en effet, si Ton croyait que le malheur avait établi entre les exilés l'égalité et la concorde. Les riches possédaient des esclaves et les traitaient assez durement*. Les familles sacerdo-

i. Jér., XXIX, 5 et suiv., et le chapitre entier.

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