Ézéch., xxxiv, 23; xxxvii
1575 av. J.-C.J LA CAPTIVITÉ DE BABYLONE. 407
a un domaine territorial et le droit d'apanager ses enfants; il touche en outre des redevances, en retour desquelles il doit fournir les victimes des sacrifices publics. Les impôts arbitraires, comme ceux qu'établit Salomon, lui sont absolument interdits. Quant à défendre Israël contre ses ennemis, lahvé s'en charge, en traitant les peuples voisins d'une façon atroce. Le 7iasi a une place d'honneur dans les actes solennels du culte, une porte sacrée pour lui seul. C'est un roi de parade ^; ce n'est nullement un prince temporel. Le grand-prêtre, qui, dans soixante ans, finira par l'emporter sur le nasi comme chef d'Israël, vaudra mieux, à beaucoup d'égards, que cette espèce de corregidor bâtard, pourvoyeur de victimes, figurant liturgique, ayant pour fonction presque unique de présider à un culte dont les ministres ne dépendent pas de lui. L'organisation exposée par Ézéchiel est tellement idéale, qu'il veut que la terre sainte recouvrée, dont il conçoit les limites d'après une géographie singulièrement complaisante, soit divisée symétriquement en parties égales et par zones rectangulaires allant de la Méditerranée au Jourdain, entre les douze tribus, qui n'existaient plus'. Le
1. Ézéch., XLiv, 3; xlv, 7 et suiv. ; xlvi, 7 et suiv. % Ézéch., XLVii, 13 et suiv.
408 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISPiAÉL. [575 av. J.-C.J
domaine sacré et le domaine du nasi sont conçus comme des carrés à part. La ville capitale aura aussi son domaine ^ Elle sera neutre entre les douze tribus, comme une sorte de Washington, et constituée par des représentants de toutes les tribus, qui vivront dudit domaine. Les peuplades depuis longtemps incorporées à la nation, comme les Rékabites, les Qénites, les Calébites, y seront tout à fait fondues. L'esprit large et humain du Deutéronome se retrouve dans Ézéchiel, quand la colère nationale et le fanatisme puritain ne Tétouffent pas. Le temple rêvé par Ézéchiel n'a de commun que les dispositions générales avec le petit édicule bâti par Salomon. Va priori du prophète est poussé à ce point que, par moments, son temple n'a pas l'air d'être à Jérusalem". C'est un casernement colossal situé au centre du domaine sacré et destiné à contenir une armée sacerdotale. Le nom même de Jérusalem disparaîtra; la ville s'appellera lahvé samma, a lahvé [demeure] là ». Les prêtres issus de Sadok (le premier prêtre du temple de Salomon) ont seuls le droit de monter à l'autel. Les lévites, contre lesquels on avait un grief considérable, c'est qu'ils avaient servi des cultes passablement idolâ-