Lévit., XXIV, 10 et suiv
i. Lévit., ch. xxv.
A'iQ HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [570 av. J.-C]
OÙ la considération d'humanité prime sans cesse le droit strict. L'Israélite, devenu pauvre ou affaibli par Tâge, doit être assisté par la commune, de manière à ce qu'il ait Texistence d'un homme vivant de son travail. L'usure estinterdite entre Israélites. Le frère obligé de se vendre doit être accepté comme un mercenaire jusqu'au jubilé ; l'Israélite ne peut réellement pas être esclave d'Israélite. L'esclavage israélite ne peut se recruter que chez les peuples voisins et parmi les enfants d'étrangers établis dans le pays. Aux esclaves provenant de ces catégories, toutes les duretés de l'esclavage sont applicables; on peut se les transmettre en héritage à perpétuité ; pour eux point de jubilé. Au contraire, il y a rachat et jubilé pour l'Israélite devenu esclave d'étrangers établis dans le pays. L'Israélite ne peut être que le mercenaire de l'étranger; on ne doit pas souffrir qu'il soit traité avec dureté. Au jubilé, l'étranger perd ses droits.
Cette loi, on le voit, est une loi de confrérie, non une loi de nation. Elle se rapproche fort des idées qui dominent dans certains cercles socialistes. Inutile de dire que nulle culture d'esprit, nul art, nulle science, nulle philosophie, aucune de ces fleurs exquises que la Grèce a fait éclore, ne pouvait sortir d'un tel régime. Tout le monde y a la même
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cuUare, parce que cette culture est très médiocre. Le bonheur de l'individu, garanti par le groupe social auquel il appartient, voilà l'objectif de la loi.
Qui maintiendra ce bel idéal? Qui protégera ces petits paradis de frères vivant ensemble, contre les attaques de la force extérieure? Voilà ce dont le socialiste juif ne s'inquiète pas. Les grands empires, fondés sur des classes militaires, sont chargés de ce soin. De là une attitude humble et hautaine à la fois devant les aristocraties militaires, qui froisse nos instincts. Israël se dit toujours au fond qu'il a la meilleure part et que, malgré sa position subordonnée, le monde n'existe que pour lui. Il est plein de pitié pour ces pauvres fous qui passent leur vie à se mettre en pièces, au lieu de goûter, comme lui^ les douceurs de la vie pacifique. Puis, quand l'empire qui lui servait d'abri s'écroule, il éclate de rire ; il s'écrie que toutes les nations * travaillent pour le feu, s'épuisent pour le vide. Il oublie que, sans cet abri d'une grande société civile et militaire, sa Thora serait inapplicable.
Toutes les moineries en sont là. L'Éghse catholique, si dédaigneuse pour l'État, ne saurait vivre sans l'État. Si le socialisme pouvait arriver à quelque organisation, ses phalanstères, groupes, syn-