‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 285 sur 348 · TRAVAIL LITTÉRAIRE DURANT LA CAPTIVITÉ · texte numérisé non relu

TRAVAIL LITTÉRAIRE DURANT LA CAPTIVITÉ

Depuis le temps d*Ézéchias, les Hébreux avaient été assez portés à écrire. L'exil, en les condamnant à une vie sédentaire et retirée, ne fit qu'augmenter encore cette disposition. Beaucoup de pages hébraïques furent écrites sur les canaux de la Babylonie. Les anciennes écritures avaient été apportées dans un assez grand désordre. On s'occupa de les ranger. Nous avons vu que la Thora était ouverte encore; il ne venait à l'idée de personne de la considérer comme close. Les pages des prophètes, d'un ton assez uniforme, se mêlaient avec une déplorable facilité. Certes il est possible qu'à cette époque beaucoup de lacunes et de troubles aient été occasionnés, puis réparés maladroitement. Rien de plus faux cependant que l'imagination assez répandue

[560 av. J.-C] LA CAPTIVITÉ DE BABYLONE. 435

que la littérature hébraïque, lacérée lors de la prise de Jérusalem, aurait été, en quelque sorte, refaite de mémoire pendant la captivité ou plus tard^ La transmission des anciens textes se fit mal; mais elle se fit. Ézéchiel, lors de la première transportation, avait déjà sans doute des livres avec lui. Il est probable que les déportés de 588 ne négligèrent pas davantage ces trésors, qui étaient pour eux, surtout depuis la destruction du temple, la nourriture de vie.

Les annales des rois d'Israël et de Juda, jusqu'à la fin de Joïaqim% existaient encore dans leur état complet. Ce qui concernait les règnes de Joïakin et de Sédécias était gardé dans la mémoire des disciples de Jérémie et se confondait presque avec les mémoires qu'ils avaient de leur maître. Baruch était certainement au centre de ce travail. La fin du second Livre des Rois est ainsi dans une étroite connexité avec le livre de Jérémie 3. L'éditeur de Jérémie paraît avoir été l'arrangeur des dernières

1. C'est Esdras que l'on charge d'ordinaire de ce soin, d'après TApocalypse d'Esdras, écrit de la fin du i" siècle de notre ère, IV Esdr., ch. xiv. Les écrivains chrétiens, saint Irénée, saint Augustin, saint Jérôme, accueillirent cette idée, assez légèrement.

2. Joïaqim est le dernier roi pour lequel la formule •••nm "ID"'! (II Rois, XXIV, 5) soit employée.

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